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Et dans l'éternité je ne m'ennuierai pas
de Paul Veyne

Le 03/11/2014 à 18:28 - 0 commentaire

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ISBN : 9782226256881

Editeur : Albin Michel

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Résumé du livre
Livre de souvenirs, traversée du siècle, promenade dans l'Antiquité... Réflexions profondes et anecdotes savoureuses émaillent ce livre inclassable, à l'image de son auteur. De l'évocation de son enfance dans la petite bourgeoisie provençale au Collège de France, de ses amitiés de jeunesse qui lui font rencontrer les plus grands intellectuels du XX e siècle (Michel Foucault, Raymond Aron, René Char, Gérard Genette, notamment) à sa retraite de villageois solitaire, de ses amours passionnées à son goût pour la poésie , des drames personnels à son indifférence à l'opinion d'autrui, de son scepticisme radical à son avidité de culture, Paul Veyne se raconte.
Cet essai autobiographique est d'une qualité littéraire rare. Dans une langue exceptionnelle, d'un classicisme et d'une pureté remarquables, le dernier des grands intellectuels de notre époque raconte, à sa façon et avec une sincérité peu commune, " le quotidien et l'intéressant ".
Prix Femina 2014

 

Premier chapitre

À Valérie Sandoz, en gage de respect 

et de reconnaissance.

 

 

I.
Une vocation ludique

 

Né en 1930 dans le Midi de la France, dans un milieu presque populaire, je suis professeur honoraire d’histoire romaine au Collège de France. Ce livre n’est pas de l’autofiction et n’a aucune ambition littéraire, c’est un document social et humain à l’usage des curieux ; tout ce que je raconterai sera exact ; par exemple, que je me suis marié trois fois, comme Cicéron, César et Ovide, que j’ai été membre du Parti communiste dans ma jeunesse et que j’ai écrit des livres sur des sujets divers. Qu’on sache aussi, à titre de document social, que le montant de ma retraite est de 4 500 euros par mois, plus, bon an mal an, des droits d’auteur. J’ai pour patrimoine un trois-pièces, une petite automobile et beaucoup de livres, qui tapissent tous les murs. Je vis depuis longtemps dans un village de Provence, au pied du mont Ventoux.

« Rien n’est plus important que le choix d’un métier, mais, le plus souvent, le hasard en dispose », écrit La Bruyère, ou peut-être Chamfort. C’est vrai dans mon cas. J’avais huit ou neuf ans, j’étais élève à l’école primaire de Cavaillon et je me promenais sur la colline herbeuse qui domine la bourgade, quand une pointe d’amphore romaine qui gisait à terre m’est tombée par hasard sous les yeux.

Ce fut un choc : c’était un de ces objets sans prix qu’on met dans les musées, son argile grise et poreuse, usée par le temps, était d’une race plus antique que nos lisses vaisselles actuelles et sa forme irrégulière, pétrie à la main, était d’une ère antérieure à nos mécaniques. Elle était tombée dans notre siècle comme tombe des cieux un aérolithe, mais elle venait, non d’un autre monde, mais d’un monde aboli, dont je savais qu’il avait existé « avant » le nôtre : c’était écrit dans un des manuels de mon école, or rien au monde n’était supérieur à un livre. Mon tesson était marqué par le temps et la disparition de toutes choses, à laquelle il avait échappé.Ce qui le distinguait des timbres-poste que collectionnait un de mes camarades et dont les livres ne daignaient jamais parler.

Je rapportai en hâte mon trésor à la maison et, pour lui faire un sort digne de lui, j’allai dénicher dans le grenier un objet abandonné : une cloche de verre qui abritait le bouquet de mariage de ma mère ; je jetai celui-ci, car j’ignorais ce qu’est un bouquet de mariage (psychanalystes s’abstenir, donc) et je le remplaçai par un objet plus digne. C’est souvent vers cet âge de huit ans qu’un gamin s’enflamme pour ce qui sera l’occupation de toute sa vie, si la vie en veut bien.

Deux années plus tard, au lendemain de la défaite de 1940, un autre choc fut décisif. Le fils de bourgeois que je n’étais pas entra terre s’ouvrit et il en surgit, avec ses chevaux immortels, le Maître de tant d’êtres, le Seigneur de tant d’hôtes, le Cronide invoqué sous tant de noms.

 

 

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