Extrait

Estive
de Hofmann, Blaise

Le 22/05/2013 à 18:47 - 0 commentaire

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ISBN : 9782881826979

Editeur : Zoe

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ISBN : 9782881827570

Editeur : Editions Zoé

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Résumé du livre
Blaise Hofmann s'est fait berger le temps d'un été. Son troupeau, mille brebis comme " mille machines à vie " imprévisibles, il doit l'apprivoiser, tout comme le climat, la solitude et la nature. Ses habits mouillés puent, il mange toujours la même chose, il fait froid, ou chaud, il marche des kilomètres dans la montagne, Astérix et Obélix sont sur les verres à vin qui sentent encore la moutarde. Il est maladroit, il s'énerve, il faut apprendre à être calme, patient, mais aussi alerte, ça vient. " Ça veut venir ", le rassure lapidaire Robert qui lui apprend. La lente osmose avec le troupeau finit par arriver. Récit de voyage sédentaire, reportage dans les Alpes et quête identitaire, Estive est aussi devenu un succès de librairie.

 

Premier chapitre

Grenier I

 

 

 

Des pas sur le plancher. Deux coups à la porte. Eh mec ! C’est l’heure. Ai dormi comme une masse. Pas besoin de pousser le volet. Il fait encore nuit. Il est cinq heures. Bonjour les chiens. Robert assis à la table. Salut. Un peu d’eau sur le visage. Une tranche de pain. Y étale quelque chose. Mâchonne sans appétit. Le café bout. Il est trop chaud. Y ajoute une giclée de pomme. Fais comme Robert. De la Goldamine de Zoug. Conséquent. Remplis la besace de croquettes. Pour Maya et Fume, les chiens de protection qui ne quittent pas le troupeau. Robert cherche ce qui pour­ rait lui servir de bâton, s’en allume une et s’en va. Il prend de l’avance. Tu m’rattrapes ! Tina et Brina le suivent, lui, car c’est mon deuxième jour d’estive.

 

Le soleil point derrière la Tour du Famelon. Pas un nuage. Plutôt photogénique. Les profils des sommets sont bien découpés. Robert progresse lentement. Il dessine de larges zigzags. Les pâturages laissés aux moutons sont ceux dont la pente est trop abrupte pour les bovins. Sur la carte, ils se situent là où les lignes sont les plus rapprochées.

 

Robert, assis dans l’herbe, d’un côté du troupeau. Moi, assis dans l’herbe, de l’autre. Lui avec Tina. Moi avec Brina. Une parole, une seule.

Début de l’été, les moutons grimpent. Vers la fin, ils vont vers le bas. Ils vont là où l’herbe est bonne.

 

Tout l’été devant nous pour faire connaissance et pas besoin d’en rajouter.

 

La matinée durant, on évite que les moutons empruntent le passage de la Chaux, de son côté, ou filent vers le Grand Chalet, du mien. Quand des bêtes dépassent la limite que l’on a choisie, on fait travailler les chiens.

Laisse­les brouter, j’te dis. T’es en train de tout tasser l’herbe avec tes coups d’chien !

 

Manifestement contrarié, Robert me reproche d’en­ voyer Brina parfois trop tôt, parfois trop tard, toujours trop brusquement. Non, Robert n’est pas un fin pédagogue. Voilà trois heures que je joue à un jeu dont j’ignore les règles. Le plus sûr est d’imiter ce qu’il fait de son côté, mais le troupeau n’obéit pas à une logique symétrique. Bluffer ne suffit pas. De mon côté, j’ai à faire avec la variable parasite, les Vertes, les bêtes qui portent un point vert sur le dos, environ deux cents brebis élevées en forêt qui, dès qu’elles le peuvent, vont s’y réfugier. Autour des dix heures, les premières bêtes sont pleines, se couchent et ruminent. D’autres broutent encore, mais presque immobiles. Même les Vertes se sont regroupées à l’ombre d’un pierrier. C’est agréable. Robert en refume une. J’ouvre un bouquin que je croyais écrit sur mesure pour la profession, un petit format qui tient dans la poche, à peine soixante pages, onze chapitres distincts, les Onze lettres à Pénélope.

 

« Cette lettre­ci, paresseux Ulysse, c’est ta Pénélope qui te l’envoie. Mais ne me réponds pas : viens… »

Eh colinet, va voir là­bas si ces salopes de Vertes ne foutent pas le camp dans les bois !

 

 

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