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Dragon bleu, tigre blanc
de Xiaolong Qiu

Le 18/02/2015 à 07:17 - 0 commentaire

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ISBN : 9782867467172

Editeur : Liana Levi

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Editeur : Liana Levi

Prix grand format : 14.99 €

 

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Résumé du livre
"Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d’une promotion ronflante, l’inspecteur Chen est démis de ses fonctions. Après tant d’enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu’on veuille sa peau. Forcé d’agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l’affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu’à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste. Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent. Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013. «Au début des années 80, alors que je jouais au ping-pong à l’Académie des sciences Sociales de Pékin, un jeune homme m’a emprunté ma raquette. Ce fut ma seule et unique rencontre avec Bo Xilai. Au moment du scandale, un ami américain m’a dit: “Si tu écris un roman policier à partir de l’affaire Bo Xilai, ton éditeur le refusera sûrement car c’est trop invraisemblable. Mais je savais que d’une manière ou d’une autre, certains détails se retrouveraient dans mon prochain livre. Après tout, il ne m’a jamais rendu ma raquette de ping-pong. » Qiu Xiaolong, extrait d’un entretien au New York Times, mai 2012. "

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

1

 

 

Avril est un mois cruel, peut-être même le plus cruel.

Pour les Chinois, le 5 avril est le jour de Qingming, une date qui, d’après le calendrier lunaire, est propice aux « visites et nettoyages des tombes ». C’est là une tradition ancestrale. Au VIIe siècle, Du Mu, un poète de la dynastie des Tang, écrivit un quatrain célèbre :

Durant la Fête des Tombeaux, la pluie tombe dru,

Ceux qui vont balayer la tombe ont le cœur brisé.

« Où peut-on trouver une taverne pour noyer le chagrin ? »

Un berger leur montre du doigt le village aux fleurs d’abricotiers.

Et Confucius a dit : Si vous apportez des offrandes aux morts, ils vous apparaîtront comme s’ils étaient vivants. Qingming est donc l’occasion pour chacun de se recueillir et de rendre hommage aux défunts.

Dans un bus du XXIe siècle spécialement affrété pour emmener les citadins au cimetière de Suzhou, Chen Cao, ex-inspecteur principal et ex-vice-secrétaire du Parti à la police de Shanghai, se tenait au milieu d’un groupe de visiteurs de tombes et songeait aux vers de Du Mu. Il regardait le paysage par la fenêtre, puis son reflet sur la vitre sale. Des gouttes de pluie tombaient des saules plantés au bord de la route, pareilles à des larmes de soulagement étincelantes.

Qingming prenait de plus en plus des allures de fête nationale. De nouveaux problèmes avaient surgi. À cause de la flambée des prix de l’immobilier, les Shanghaiens étaient obligés de réserver des emplacements de cimetière loin d’une métropole de plus en plus inabordable. Considérant à la fois le feng shui du lieu et la proximité, la ville de Suzhou était devenue pour eux une des alternatives les plus prisées. Le jour de Qingming, tous les billets de train étaient réservés depuis des mois et les axes routiers pris d’assaut. En voiture, il fallait compter au moins quatre ou cinq heures de trajet.

Chen avait choisi de faire le voyage quelques jours après Qingming. Il redoutait pourtant la longue file d’attente qui encerclait la gare de Shanghai. Et une fois arrivé à destination, la queue pour prendre un bus ou un taxi jusqu’au cimetière. Il avait donc décidé de prendre la navette partant le matin de la place du Peuple en direction des cimetières de Suzhou pour rentrer à Shanghai en fin d’après-midi. Cette solution pratique et peu coûteuse était à l’origine de l’appellation « bus de cimetière », à connotation légèrement péjorative. Dans ce nouveau siècle matérialiste, le bus paraissait trop pouilleux pour les « déjà riches » qui s’en allaient nettoyer les tombes dans leur voiture de luxe avec chauffeur. Les passagers du bus n’étaient clairement pas aisés, loin de pouvoir entretenir une voiture ou de s’offrir l’onéreux billet de train rapide.

Le bus lui-même n’avait pas fière allure. Vieux, poussiéreux, sans une once de confort ou de modernité. Là où Chen s’était perché, le siège en plastique était dur, le sol crasseux, la vitre fêlée. À ses pieds, quelques retardataires obligés de faire le voyage assis ou accroupis par terre.

 

 

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