Extrait

De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles
de Jean-Michel Guenassia

Le 11/09/2017 à 08:49 - 0 commentaire

Auteur :

Editeur :

Genre :

Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Jean-Michel Guenassia

Albin Michel

23/08/2017

9782226399137

328

20 €

chaPitre.com title=
  • Zoom moins
  • Zoom plus
  • Signaler erreur
  • Envoyer à un(e) ami(e)

Version grand format

 

illustration

ISBN : 9782226399137

Editeur : Albin Michel

Prix grand format : 20 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Version numérique

 

illustration

ISBN : 9782226425324

Editeur : Albin Michel

Prix grand format : 13,99 €

 

Acheter le livre
avec chaPitre.com

Résumé du livre
Moi, je me plais dissimulé dans le clair-obscur. Ou perché tout en haut, comme un équilibriste au-dessus du vide. Je refuse de choisir mon camp, je préfère le danger de la frontière. Si un soir, vous me croisez dans le métro ou dans un bar, vous allez obligatoirement me dévisager, avec embarras, probablement cela vous troublera, et LA question viendra vous tarauder : est-ce un homme ou une femme ?
Et vous ne pourrez pas y répondre. »

De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles nous fait partager l'histoire improbable, drôle et tendre, d'une famille joliment déglinguée dont Paul est le héros peu ordinaire. Paul qui, malgré ses allures de filles, aime exclusivement les femmes. Paul, qui a deux mères et n'a jamais connu son père. Paul, que le hasard de sa naissance va mener sur la route d'un célèbre androgyne : David Bowie.
Fantaisiste et généreux, le nouveau roman de Jean-Michel Guenassia, l'auteur du Club des incorrigibles optimistes, nous détourne avec grâce des chemins tout tracés pour nous faire gouter aux charmes de l'incertitude.

 

Premier chapitre

« Car enfin, tout au moins quand on est jeune, dans cette longue tricherie qu’est la vie, rien ne paraît plus désespérément souhaitable que l’imprudence. »

Françoise Sagan, Un certain sourire

 

 

Con te partirò

 

 

Je suis lesbien, une espèce d’homme incertaine, non dénommée, pas commentée, peu évoquée. Et pas recommandable. Pour me caractériser, le même substantif revient comme un leitmotiv : ambigu. Certaines disent : équivoque.

Tant pis pour elles.

Moi, je me plais dissimulé dans le clair-obscur. Ou perché tout en haut, comme un équilibriste au-dessus du vide. Je refuse de choisir mon camp, je préfère le danger de la frontière. Apparemment, ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre. Si un soir vous me croisez dans le métro ou dans un bar, vous allez obligatoirement me dévisager, avec embarras, probablement cela vous troublera, et LA question viendra vous tarauder : est-ce un homme ou une femme ?

Et vous ne pourrez pas y répondre.

Vous me scruterez, vous me détaillerez, mais mon corps, camouflé derrière un duffle-coat bleu informe, ne délivrera aucun indice. Et vous resterez dans l’incertitude. Et le trouble. De toute façon, c’est moi qui décide. Si je sors du no man’s land ou si j’y reste. Et si je ne le veux pas, vous ne saurez jamais ce que je suis.

Si vous pensez qu’il s’agit d’un état grivois, qui laisse entrevoir la promesse de délices sexuelles et de turpitudes affriolantes, si telle a été votre réaction, c’est que vous êtes profondément stupide et, sur ce point, ma petite expérience me permet d’affirmer qu’hommes et femmes sont logés à la même enseigne. Le sexe ne m’intéresse pas plus que ça, sauf lorsqu’il est l’aboutissement d’un long désir, impossible à contenir. Ce qui m’attire, c’est de jouer avec les lignes, c’est de découvrir le mystère de l’inconnu. Que les choses soient claires, au moins sur un point, si je peux avoir l’apparence d’une femme, je ne suis pas homosexuel, je n’ai jamais éprouvé d’attirance pour un autre homme, et jamais eu envie de tenter cette expérience, d’ailleurs les homos me laissent tranquille car ils me prennent pour une femme. Par contre, j’ai arrêté de compter le nombre d’abrutis qui m’ont accosté en me susurrant à l’oreille : « T’as de beaux yeux, tu sais. » Rien n’est plus réjouissant que de les voir se dissoudre dans leur jus, quand je réponds d’une voix grave : « Pas toi. » C’est amusant (ou triste) de voir à quel point on ne sait rien des autres, on se contente de projeter sur eux nos propres fantasmes, en espérant qu’ils trouveront un écho.

J’essaye d’échapper à cette fatalité.

J’ai une apparence trompeuse, je parais plus grand qu’en réalité car je suis filiforme, presque anguleux ; arlequin blondinet avec des cheveux mi-longs ondulants, imberbe, il suffit d’un rien pour que j’aie un air efféminé mais je me contrôle suffisamment pour le paraître uniquement quand je le souhaite ; je ne me maquille pas, je ne mets pas de fond de teint ni de rouge à lèvres, je ne porte pas de robes ni de bijoux, j’utilise des vêtements anodins : pantalons et chemises noirs, mocassins. Je glisse à volonté d’un sexe à l’autre : un geste, un sourire, une manière de vous regarder. Homme ou femme, on nous identifie au premier coup d’œil. Notre sexe se lit sur notre visage.

 

 

page suivante

Publier un commentaire

 

publier mon commentaire

medias

critiques

critiques En territoire Auriaba, 4ème roman de Jérôme Lafargue

critiques "La peinture est une chose intellectuelle"

critiques Don Quichotte par Rob Davis : Cervantès plus vivant que jamais

critiques Kierkegaard et la sirène

Suivez-nous

 

Désinscription

16

1

de-l-influence-de-david-bowie-sur-la-destinee-des-jeunes-filles-jean-michel-guenassia

6533