Extrait

Coeur de glace
de Doug Allyn

Le 29/03/2014 à 20:43 - 0 commentaire

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Date de parution :

ISBN :

Total pages :

Prix :

Doug Allyn

Gallimard

policier & thriller (format poche)

13/03/2014

9782070454259

384

7.90 €

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ISBN : 9782070454259

Editeur : Gallimard

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Résumé du livre
Mitch Mitchell est de retour au bord du lac Huron, au nord du Michigan, qu’elle a quitté des années plus tôt. Depuis, elle a étudié la biologie sous-marine, élevé seule son fils et plongé en eaux profondes au large des côtes texanes. Aujourd’hui, la mort de son père la ramène dans cette région de lacs et de glace. En reprenant son bar et son magasin de pêche, elle comprend vite qu’il était mêlé à des histoires louches et qu’il lui faudra se débattre pour ne pas être entraînée à son tour au fond de l’abîme…

 

Premier chapitre

 

 

 

PROLOGUE

 

 

La cloche de l’église Saint-Jean égrène les heures.

Elles ricochent, les heures, sur les tuiles fatiguées de la maison. « La maison du notaire. » Dans le pays, on l’appelle comme ça. Les anciens du bourg disent « la maison Fontailneau ». Depuis sa prospérité et sa ruine.

Elle est située dans le haut du bourg.

La route descend vers la grande place. Au milieu de la place, ce bloc de pierre et de bronze est la statue d’un obscur grand homme. Un robin des années 1780. Les « on-dit » du bourg en ont fait un jacobin et les pigeons leur lieu d’aisance. Il tient un livre ouvert. Le temps a rongé sa bouche. Un doigt de bronze grêlé désigne un livre.

 

La maison Fontailneau est couverte de lierre et de la flamboyante vigne vierge. « Grands ennemis du toit ! » ronchonne le fils Relmo. On a pris l’habitude de l’appeler « le fils Relmo ». Il était jeune quand moururent ses parents. Une chevelure noire et frisée, des muscles courts, drus. Les mains solides, au dos desquelles foisonnent des poils sombres, que l’on devine sur sa poitrine. « Pire qu’une bête », s’amuse le bourg. Sa femme, Marie Relmo, pétrifiée de silence, n’a plus d’âge – ce qui veut dire beaucoup d’années. Beaucoup d’années de labeur à la maison Fontailneau. Le labeur ménager. Une maison est parfois pire qu’une personne. Laver les vitres, repasser, chasser la poussière… Le fils Relmo bine, sarcle, taille le verger. Il constate la sécheresse accrue de l’étang. Il guette les lézardes de la façade.

La grille fatiguée de la maison du notaire. Il n’y a plus de notaire en activité depuis longtemps.

Au-dessus du perron effrité, style Directoire, deux écussons ont perdu leur dorure. Deux ronds en pierre. Ils ont égaré l’éloge d’une République double ; Junon en péplum, assise sur une cathèdre, auréolée de lauriers, brandissant l’épi d’or. Deux ronds vides. Orages et soleil les effritent. Ils semblent applaudir la perte. Leur défunt petit orgueil.

« Nous étions ruinés il y a beau temps », dit l’aïeule.

Elle aime à dire « beau temps ». Cela convient à ce qui demeure de la maison du notaire. Une belle allure épuisée.

La jouissance de mon frère Ange est de lui lancer ce qu’il sait l’offenser.

— Votre « beau temps », fut l’argent du métayer. Votre père, le Métayer.

Ange la vouvoie pour mieux la blesser. Il répète « Métayer » avec un grand « M ». C’est le nom de jeune fille de l’aïeule et de sa sœur, Tante.

Ange la met hors d’elle. Elle lève sa canne. Nous l’avons toujours connue avec une canne. Une canne en ébène dont le pommeau est une tête d’aigle en argent. Elle crie.

— Méchante graine.

Ange rit ; un rire en éclats de verre fait pour blesser. Il se précipite au verger. Il s’assoit sur la balançoire établie sous le cerisier.

Il ne se balance pas. Le rire d’Ange n’évoque jamais la joie.

L’aïeule brandit sa canne derrière la baie du salon. Le bow-window.

 

 

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