Extrait

Charly et Aurélie
de André Delauré

Le 14/06/2014 à 17:10 - 0 commentaire

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Prix :

André Delauré

Numeriklivres

20 / 02 / 2014

513 pages

4.99 €

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Editeur : Numeriklivres

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Résumé du livre
Charly a une obsession: l’enfance. La sienne, saccagée par son défunt père dont il entend sans cesse la voix insultante, celle des autres qu’il voudrait parfaite. Et, pour parvenir à cette perfection, le but même de sa vie, Charly est prêt à tout, même à l’horrible. L’adorable Aurélie a croisé un seul jour le chemin de cet artisan timide à l’allure cocasse, il venait isoler les combles du pavillon familial. Elle se souvient à peine de lui. Il ne l’a pas oubliée. La jugeant mal aimée par des parents séparés, il voit en elle un être pur qu’il se met en tête de soustraire à la bassesse du monde pour l’éduquer et en faire une « Élue ». Charly rêve qu’Aurélie devienne la reine du royaume de glace qu’il a bâti dans la cave de sa maison, une ancestrale demeure bordelaise au passé tourmenté. Un rêve? Un cauchemar. L’auteur de « Mortelles connivences » et « Assourdissants silences » récidive. Il va vous vriller les nerfs.

 

Premier chapitre

La part de la paranoïa, de la schizophrénie
et des psychoses maniaco-dépressives
est écrasante chez les grands agresseurs.
Les perversions qui n’y manquent pas
se réduisent, si l’on prend le temps de les étudier,
à des symptômes aidant ces sujets psychotiques à se 
maintenir dans la vie
au détriment de leurs victimes.


FRANZ KALTENBECK
Psychanalyste
à la maison d’arrêt de Lille

Ma passion était tellement grande
que je voulais la posséder.
Je voulais la manger.
Si je le faisais,
elle serait à moi pour toujours.


ISSEI SAGAWA
Anthropophage à Paris

Mes confrères, médecins des établissements pénitentiaires, se sont maintes fois émus du pourcentage élevé de leurs patients incarcérés qui présentent des symptômes manifestes de pathologies psychiatriques.

Il m’a été donné de pouvoir approcher l’un d’entre ces malades qui alternait des phases de quasi-confession sereine de ses actes criminels, de déni violent, d’approbation orgueilleuse, d’amnésie authentique ou simulée, de réprobation compassionnelle...

J’ai eu le sentiment que, dans ses périodes de lucidité, cet homme a apprécié de trouver une oreille attentive à ses déclarations.

La confiance qu’il m’a accordée par intervalle et les témoignages recueillis, tant auprès de ses relations diverses que de celles et ceux qui ont eu à souffrir de ses actes, m’ont permis de reconstituer, le plus souvent, d’imaginer, parfois, le cheminement monstrueux de ce tueur d’enfants tantôt exalté, tantôt horrifié par la description minutieuse de ses agissements criminels que je vais vous exposer dans le but de voir évoluer l’appréhension de ce type d’individu par notre société.

Je pense utile de prévenir les lectrices et les lecteurs sensibles que certaines scènes que je dépeins, très fidèle au récit qui m’en a été fait, risquent de les heurter profondément.

Le sujet d’étude, élément central de mon travail, ne m’a-t-il pas lui-même déclaré un jour, l’air apitoyé : « La cruauté des scènes de tuerie d’enfants est difficilement soutenable ». Avant d’ajouter quelques minutes plus tard, avec une espèce de fierté dans le regard : « Je suis un personnage de roman noir, monsieur. Dites-leur bien que tout ce que vous allez leur raconter est légende… Je suis une légende. »

Il ne citait pas Richard Matheson au hasard, l’homme est un fin lettré.

 

Voici son histoire.

 

Docteur Serge Auriol,
chercheur en pyschiatrie et anthropologie
CESAMES-CNRS

Spectacle ignoble, dans la pinède aux ombres fantasmagoriques d’une nuit à la lune disloquée par les cimes disparates, l’homme trapu, accoutré façon baroudeur, traîne derrière lui un garçon de sept ou huit ans attaché à une solide laisse aux mailles d’acier. Contrefait par la gibbosité de son sac à dos difforme, le barbare fait devancer d’un faisceau jaunâtre de lampe torche le pas pressé de ses jambes courtes.

Surcroît d’abjection, dissimulé en partie par de longs cheveux bruns et raides, l’enfant porte au cou le collier étrangleur des chiens féroces. Décharné, il flotte dans un mince tricot bleu roi aux manches interminables et un vaste pantalon de toile écrue que maintes chutes ont maculés. Sur la souillure terreuse de ses joues creuses, les larmes d’yeux sombres, si découragés, si soumis, ont dessiné des sillons asséchés. Le malheureux geint à chaque traction brutale de la chaîne qui par secousses impatientes ébranle sa frêle carcasse et menace de le faire choir à nouveau.

 

 

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