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Charlemagne ; 768-814 ; fils de Pepin Le Bref
de Georges Bordonove

Le 07/02/2015 à 11:34 - 0 commentaire

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Georges Bordonove

Pygmalion

empire carolingien

9782756401874

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Résumé du livre
La vie de Charlemagne est plus belle et plus exaltante que la légende de l’empereur « à la barbe fleurie ». Digne successeur de Pépin le Bref, son père, il fut d’abord roi de France, puis roi d’Italie. Ses conquêtes successives, notamment en Allemagne, portèrent le territoire des Francs aux dimensions d’un empire. Travailleur infatigable, ce conquérant fut aussi un législateur et un diplomate ; il protégea les arts, généralisa les écoles et détermina la Renaissance carolingienne. Véritable « européen », il eut le mérite de donner aux peuples composant son vaste empire un idéal commun. Son œuvre politique ne lui a pas survécu, car il en était la clef de voûte. Mais l’âme de l’Europe, née de sa pensée, est toujours présente. Elle reste, grâce à lui, la meilleure chance de l’Europe future.

 

Premier chapitre

 

 

 

 

 

LA LÉGENDE DE CHARLEMAGNE

 

 

« Sous un pin, auprès d'un églantier,

Un trône est dressé, tout d'or pur.

C'est là que siège le roi qui tient douce France.

Il a la barbe blanche et le chef tout fleuri,

Son corps est beau et fier son maintien :

À qui le demande nul besoin de le désigner…

Bien me puis émerveiller :

Charlemagne est vieux, et chenu,

À mon avis il a plus de deux cents ans.

Il a épuisé son corps par tant de pays,

Reçu tant de coups de lance et d'épieu,

Réduit tant de puissants rois à mendier !

Quand donc sera-t-il las de guerroyer ? »

 

 

Turold (La Chanson de Roland)

 

 

 

 

« Il ne gisait pas, mais se tenait assis sur un trône, comme s'il était vivant, la tête ceinte d'une couronne d'or ; il tenait un sceptre dans ses mains couvertes de gants que les ongles, continuant à pousser, avaient troués… Aucune partie du corps de Charlemagne n'avait subi l'atteinte de la corruption ; seul un petit morceau du haut de son nez, qui s'était brisé, fut remplacé par une plaquette d'or ; Otton enleva en outre une dent, puis referma le sépulcre et se retira. »

Otton de Lomello (Chr. Noviliacense)

 

 

 

Tradition reprise par Primat dans les Grandes Chroniques de France :

 

« À Aix-la-Chapelle fut son corps enseveli en l'église Notre-Dame qu'il avait fondée. Vidé fut, embaumé, oint et rempli de parfums de précieuses épices. En un trône d'or fut assis, l'épée ceinte, le texte des Évangiles entre ses mains, appuyé sur ses genoux. En telle manière, fut assis en son trône qu'il a les épaules un peu inclinées par derrière et la face fièrement dressée. Dans sa couronne, attachée à sa tête par une chaînette d'or, est un morceau du bois de la sainte croix. Il fut vêtu des ornements impériaux et sa face couverte d'un suaire par dessous la couronne. Son sceptre et son écu d'or, que le pape Léon sacra, sont posés devant lui. Sa sépulture est aussi remplie de trésors et de richesses… »

 

 

 

 

 

 

CHARLES L'EUROPÉEN

 

 

Ce fut trente ans après sa mort que son petit-fils, Nithard, comte et abbé de Saint-Riquier, lui décerna le qualificatif de Grand. De Charles le Grand (Karolus Magnus), nous avons fait Charlemagne : j'adopterai cette dénomination afin d'éviter les confusions, et bien qu'elle ne lui ait jamais été appliquée de son vivant.

Que Charlemagne ait été de cette poignée d'hommes supérieurs sans lesquels l'histoire du monde serait différente, cela est d'évidence. Mais il eut le rare privilège de commencer une seconde vie dès qu'il eut cessé d'être. Non seulement ses peuples le pleurèrent, y compris, paraît-il, ses ennemis de la veille, mais il entra de plain-pied dans la légende. Sa disparition entraîna tant de malheurs que son règne apparut comme un âge d'or, en dépit de ses inachèvements. La paix romaine avait duré quatre siècles. La paix carolingienne n'excéda pas quatre décennies, mais elle laissait d'ineffaçables traces, en tout cas une nostalgie d'autant plus vivace qu'elle était confuse, surtout dans le cœur des humbles. Quant aux princes, sa grandeur abolie les fascinait. Insensiblement Charlemagne devint l'empereur à la barbe fleurie : celui de La Chanson de Roland et des autres Chansons de Geste. Il était dès lors et pour jamais l'empereur assis sur un trône d'or, à l'ombre d'un pin, au milieu de ses preux, parmi lesquels l'orgueilleux Roland, le sage Olivier et l'archevêque Turpin, tel que le décrivit le vieux trouvère Turold. On lui prêta des victoires imaginaires. Sa gloire était désormais plus scintillante que les joyaux de sa couronne. Est-ce à dire que l'admirable Chanson de Roland dénatura sa personnalité ? Elle fut plutôt comme la dorure qui ajoute à une statue un éclat précieux.

 

 

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