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Celebration biblique
de Élie Wiesel

Le 03/07/2014 à 19:19 - 0 commentaire

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Élie Wiesel

Points

midrash

30/08/1991

9782020135146

7.60 €

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ISBN : 9782020135146

Editeur : Points

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Editeur : Seuil

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Résumé du livre
Adam (ou le mystère du commencement), Abraham et Isaac (ou histoire du survivant), Joseph (ou l'éducation d'un juste), Job (ou le silence révolutionnaire), d'autres personnages bibliques sont ici évoqués par un conteur qui les fait émerger tout ruisselants de leur passé et du passé de ceux qui transmirent la mémoire - et tout présents à ceux auxquels le poète ouvre cette immense symbolique pour aujourd'hui. "Enfant je lisais ces récits bibliques avec un émerveillement mêlé d'angoisse. J'imaginais Isaac sur l'autel, et je pleurais. Je voyais Joseph prince d'Egypte, et je riais... " Cet émerveillement et cette angoisse, Elie Wiesel les fait partager à ses lecteurs dans cette interprétation à la fois poétique et critique qui s'appelle le midrash. Né en Roumanie en 1928, rescapé d’Auschwitz, Élie Wiesel a reçu le prix Nobel de la paix en 1986. Philosophe et écrivain, il est notamment l’auteur de La Nuit et d’ Un désir fou de danser.

 

Premier chapitre

Pour mon Maître,
Rabénou Saul Lieberman,
de qui j’ai reçu plus que,
dans ces pages,
je ne saurai rendre.

Élie Wiesel

Enfant, je lisais ces récits bibliques avec un émerveillement mêlé d’angoisse. J’imaginais Isaac sur l’autel, et je pleurais. Je voyais Joseph prince d’Égypte, et je riais. Pourquoi s’y pencher à nouveau ? Il incombe au conteur de s’en expliquer.

Disciple plutôt qu’autre chose, son but n’est pas de se lancer dans l’exégèse historique — il se révélerait incompétent —, mais de refaire connaissance avec des personnages lointains et obsédants qui ont façonné son être. Il tentera de reconstituer leurs portraits à partir des textes bibliques et midrashiques et de les restituer ensuite dans le présent.

C’est que l’histoire juive se joue au présent. Niant la mythologie, elle affecte notre vie et notre rôle dans la société. Jupiter est un symbole, mais Isaïe est une voix, une conscience. Zeus est mort sans avoir vécu, mais Moïse reste vivant. Ses appels, lancés jadis à un peuple en voie de libération, se répercutent de nos jours, sa Loi nous engage. N’était sa mémoire qu’il veut collective, le Juif ne serait pas juif, ou, plus simplement, il ne serait pas.

Si le judaïsme, plus que toute autre tradition, manifeste pareil attachement à son passé, qu’il maintient vivant, c’est qu’il en a besoin. Grâce à Abraham dont l’audace nous guide, grâce à Jacob dont le songe nous intrigue, notre survie, prodigieuse à maints égards, n’est pas dénuée de mystère ni de signification. Si nous avons la force et la volonté de parler, c’est parce que tous ces précurseurs s’expriment à travers chacun de nous ; si les yeux du monde semblent si souvent braqués sur nous, c’est parce que nous évoquons un temps qui n’est plus et un destin qui le dépasse. Panim en hébreu s’emploie au pluriel : l’homme a plus d’un visage. Le sien et celui d’Adam. Le Juif est hanté par le commencement plus que par la fin. Son rêve messianique, c’est au royaume de David qu’il le rattache. Il se sent plus proche du prophète Élie que de son voisin de palier.

Le Juif, c’est quoi ? Somme, synthèse, réceptacle. Tout ce qui a frappé ses ancêtres l’atteint. Leurs deuils l’accablent, leurs triomphes le portent. C’est qu’ils étaient des êtres vivants, non des symboles. Le plus pur, le plus juste d’entre eux connaissait des hauts et des bas, des moments d’extase et d’égarement, et on nous les décrit. Leur sainteté se définissait en termes humains. Aussi le Juif se souvient-il d’eux et il les voit aux carrefours de leur existence : inquiets, exaltés, marqués ; ce sont des êtres humains, des personnes, non des dieux. Leur démarche s’inscrit dans la sienne et pèse sur ses choix. L’échelle de Jacob déchire ses nuits. Le désespoir d’Israël alourdit sa solitude. Il sait que raconter Moïse, c’est le suivre en Égypte et hors d’Égypte. Quiconque refuse de le raconter refuse de le suivre.

 

 

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