Extrait

Ce soir, on regardera les étoiles
de Ali Ehsani

Le 19/02/2018 à 08:59 - 0 commentaire

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Total pages :

Prix :

Ali Ehsani

Belfond

février 2018

9782714475787

314

21 €

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ISBN : 9782714475787

Editeur : Belfond

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ISBN : 9782714478863

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Résumé du livre
Des bombardements de Kaboul aux mirages des côtes italiennes, la leçon de vie pleine d'humanité d'un enfant déterminé à faire bouger les frontières d'un monde à la dérive. Bouleversant.
La guerre, c'est le quotidien d'Alì, huit ans. Les rues de Kaboul englouties sous les tirs de mortier, les terrains de foot improvisés au milieu des décombres, le petit garçon est habitué. Mais un soir, au retour de l'école, c'est sa maison qui a disparu et, avec elle, ses parents.
Sans famille ni argent, Alì et son grand-frère Mohammed prennent la route. Direction l'Iran, la Turquie, la Méditerranée, d'autres rives, à la recherche d'autres étoiles sous lesquelles trouver refuge.
Cinq ans plus tard, Alì est devenu un adolescent. Un gamin de treize ans cramponné au châssis d'un poids lourd en partance pour l'Italie. Un jeune homme épuisé, qui rassemble ses forces pour fuir, toujours plus loin. Seul.
Car Mohammed, son grand frère, son héros, s'est égaré en chemin... Qu'est-il arrivé ? Les deux garçons pourront-ils jamais tenir leur promesse d'être réunis, libres et heureux, sous les étoiles ?
traduction Delphine Gachet

 

Premier chapitre

À ceux qui m’ont aidé.

 

 

1


Kaboul, 1997

 


* * *

 

 

AU MOMENT où je ne vois déjà plus l’école derrière moi, au moment où Ahmed, mon meilleur ami, vient de s’éloigner avec un autre petit garçon en me disant qu’il dort chez ses cousins parce qu’il y a la guerre, je m’arrête pour ramasser un caillou. Le caillou est trop gros, trop encombrant, je fais quelques pas mais je le trouve trop lourd et je le laisse tomber, je me baisse pour en ramasser deux autres, plus petits, sur la terre sèche. Je marche lentement et, pour me tenir compagnie, je fais du bruit en les cognant l’un contre l’autre, puis je les jette en l’air tous les deux à la fois et j’essaye de les rattraper au vol. Entre l’école et la maison, il y a plus d’une demi-heure de marche, le soleil tape très fort mais je décide quand même de faire le grand détour en contournant un groupe d’immeubles à moitié détruits : je ne veux pas tomber entre les mains de la bande de gamins qui s’amusent à embêter les plus petits.

— Piiiiiisse-au-liiiiit, nous crient-ils, à moi et à Ahmed, chaque fois qu’on passe par là.

— Imbéééciiiles, on répond.

Et on court comme des fous, et les grands nous poursuivent, mais au bout d’un moment ils s’arrêtent, ils en ont assez, mais nous on continue jusqu’à ce que le souffle nous manque et, pendant cinq minutes, on n’arrive même plus à parler.

La route est à moitié déserte, il n’y a pas grand monde non plus au marché ; on entend des coups de mortier résonner au-dessus de nos têtes, je fais juste un signe pour saluer un marchand ambulant ami de papa qui tire sa charrette pleine de bric-à-brac et je m’attarde devant deux chatons en colère, prêts à se battre.

Au bout d’un moment, je lance les cailloux très loin. Je regarde autour de moi pour voir s’il y a des enfants qui jouent au ballon mais aujourd’hui il n’y a personne, alors je tourne à droite puis à gauche et, enfin, j’arrive devant la maison.

Je ne la vois pas. Je ne comprends pas. Elle devrait être là, mais elle n’y est pas. Il n’y a qu’un amas informe de décombres. Je me dis que j’ai dû me perdre : est-ce que ça m’est déjà arrivé ? Jamais, autant que je m’en souvienne. Je m’assieds sagement sur un muret : quelqu’un viendra forcément me chercher.

Je suis là, immobile, sans savoir quoi faire, je m’ennuie, alors je sors de la poche de ma veste un paquet de cigarettes que j’ai trouvé sur la route. Vide, le rouge du dessin sur le dessus tout décoloré, mais encore en assez bon état. Je regarde bien autour de moi, une fois, deux fois : c’est bon, il n’y a personne. Je l’examine attentivement quelques instants encore et, après avoir de nouveau levé la tête pour être vraiment sûr qu’aucun membre de ma famille n’est dans les parages, lentement, je fais semblant de prendre une cigarette entre deux doigts. Je la porte élégamment à ma bouche et j’aspire comme j’ai vu faire un ami de papa que j’admire beaucoup. Je me dis : Tu es grand, Alì, tu es un homme. Si seulement j’avais une vraie cigarette à serrer entre mes dents !

 

 

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