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Carnets T3
de Camus Albert

Le 11/12/2013 à 15:02 - 0 commentaire

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Camus Albert

Editions Gallimard

14 / 11 / 2013

372 pages

6.99 €

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Editeur : Editions Gallimard

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Résumé du livre
'Chaque matin quand je sors sur cette terrasse, encore un peu ivre de sommeil, le chant des oiseaux me surprend, vient me chercher au fond du sommeil, et vient toucher une place précise pour y libérer d’un coup une sorte de joie mystérieuse. Depuis deux jours il fait beau et la belle lumière de décembre dessine devant moi les cyprès et les pins retroussés. ' Entre 1951 et 1959, Albert Camus écrit L’Été, La Chute, L’Exil et le royaume. Il réagit aux polémiques déclenchées par L’Homme révolté, à la tragédie de la guerre d’Algérie, voyage en Italie et en Grèce, reçoit le prix Nobel… Ses Carnets témoignent de son désir d’harmonie, auquel il tend 'à travers les chemins les plus raides, les désordres, les luttes'. On trouvera à la fin de ce volume un index général des trois tomes.

 

Premier chapitre

CAHIER VII

Mars 1951 – juillet 1954

 

 

Celui qui a conçu ce qui est grand doit aussi le vivre.

NIETZSCHE

 

 

Préface à E. et E.1.

« … c’est alors que je commençai d’aimer l’art de cette passion violente que l’âge, loin de diminuer, a rendue de plus en plus exclusive… Cette maladie ajoutait d’autres entraves, et les plus dures, à celles qui furent les miennes. Mais elle favorisait finalement cette liberté du cœur, cette légère distance à l’égard des intérêts humains qui m’a toujours préservé de l’amertume et du ressentiment. Ce privilège (car c’en est un), depuis que je vis à Paris, je sais qu’il est royal. Mais le fait est que j’en ai joui sans entraves. En tant qu’écrivain j’ai commencé à vivre dans l’admiration, ce qui est, dans un sens, le paradis terrestre. En tant qu’homme mes passions n’ont jamais été “contre”. Elles se sont toujours adressées à meilleurs ou plus grands que moi. »

 

*

 

Démence du XXe siècle : les esprits les plus différents confondent le goût de l’absolu et le goût de la logique. Parain et Aragon.

 

*

 

11 juin 1951. Lettre de Régine Junier2 m’annonçant son suicide.

 

*

 

Le créateur. Ses livres l’ont enrichi. Mais il ne les aime pas et il décide d’écrire sa grande œuvre. Il n’écrit qu’elle et la refait sans cesse. Et peu à peu la gêne puis la misère s’installent au foyer. Tout s’écroule et lui vit dans un effrayant bonheur. Les enfants sont malades. Il faut louer l’appartement, vivre dans une seule pièce. Il écrit. La femme devient neurasthénique. Les années passent et dans l’abandon total, il continue. Les enfants fuient. Le jour où sa femme meurt à l’hôpital, il met le point final et celui qui lui annonce son malheur lui entend seulement dire : « Enfin ! »

 

*

 

Roman. « Sa mort fut très peu romanesque. On les mit à douze dans une cellule prévue pour deux. Il étouffa et tomba en syncope. Il mourut, tassé contre le mur gras alors que les autres, tendus vers la fenêtre, lui tournaient le dos. »

 

*

 

N.R.F. Curieux milieu dont la fonction est de susciter des écrivains et où, cependant, l’on perd la joie d’écrire et de créer.

 

*

 

Le bonheur chez elle exigeait tout, même la mise à mort.

 

*

 

Le naturel n’est pas une vertu qu’on a : elle s’acquiert.

 

*

 

Réponse à la question sur mes dix mots préférés : « Le monde, la douleur, la terre, la mère, les hommes, le désert, l’honneur, la misère, l’été, la mer. »

 

*

 

La voix éternelle : Déméter, Nausicaa, Eurydice, Pasiphaé, Pénélope, Hélène, Perséphone.

 

*

 

Ô lumière ! C’est le cri de ceux qui dans les tragédies grecques sont jetés devant la mort ou un destin terrible.

 

*

 

L’homme de 1950 : il forniquait et lisait des journaux.

 

*

 

J’ai toujours eu l’impression d’être en haute mer : menacé au cœur d’un bonheur royal.

 

*

 

Grenier ou le simulateur : Ne croyant qu’à ce qui n’est pas de ce monde, il fait semblant d’être dans le réel. Il joue le jeu mais ostensiblement. Si bien qu’on ne croit pas qu’il le joue. Il simule deux fois. Et une fois encore : une part de lui est réellement attachée à la chair, aux plaisirs, à la puissance.

 

 

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