Extrait

Bratislava, été 68
de Villiam Klimacek

Le 10/06/2019 à 07:52 - 0 commentaire

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Prix :

Villiam Klimacek

Agullo

04/10/2018

9791095718451

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22 €

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ISBN : 9791095718451

Editeur : Agullo

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ISBN : 9791095718468

Editeur : Agullo

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Résumé du livre
Au printemps 1968, la Tchécoslovaquie expérimente le "socialisme à visage humain" : un vent de liberté souffle sur le pays. Cet été-là, Petra termine de brillantes études de médecine à Bratislava. Son amie Tereza, fille d'un rescapé des camps de concentration, séjourne dans un kibboutz en Israël. Jozef, pasteur défroqué pour avoir refusé de dénoncer des paroissiens, fait ses premières armes à la radio.
Dans la nuit du 20 au 21 août, tandis que les tanks soviétiques envahissent la ville, le destin de ces trois personnages va basculer. Pendant quelques heures, la frontière avec l'Autriche reste ouverte. Chacun devra faire un choix : partir ou rester ? Fuir la violence ou résister à l'oppresseur ? Inspiré de témoignages réels, ce roman offre une vision à la fois drôle et tragique de la répression du Printemps de Prague, dont on commémore cette année le cinquantenaire.

Traducteurs : Richard Palachak, Lydia Palascak

 

Premier chapitre

« Vo vzduchu zrazu hučali transportné vrtuľníky, kdesi ďaleko pristával obrovský antonov za antonovom. Snáď všetky bratislavské byty mali v tú noc pootvárané okná, a preto mnohí už vedeli, čo bude o pár hodín hlavnou správou na celom svete. Začala sa okupácia Československa. »

 

 

Tableau un : Asphalte

 


* * *

 

 

En démocratie populaire tchécoslovaque, la seule voiture d’après-guerre reçut un honorable nom qui faisait penser aux anciennes dynasties anglaises.

Škoda Tudor. C’est ainsi que l’avait nommée le peuple. Elle rappelait les chevaux en armure maladroits sur lesquels les preux chevaliers d’Albion se ruaient au combat pour Dieu, le roi ou la patrie, bien que Staline, Lénine et Marx fussent la tendance.

Elle était tout en rondeur, bruyante, suintant l’huile, d’une fourrure faite davantage de métal que de verre. Plus de balourdise que de noblesse, plus de boucan que de puissance. Le mot « design » n’était pas encore à la mode ; et sous le capot, la technologie restait bien loin de l’univers aristocratique.

Mais l’époque était propice aux surprises. Les concepteurs de la marque Škoda misèrent sur l’éducation classique et déclinante du peuple ; après une Škoda Octavia plus nerveuse, ils proposèrent un autre modèle qu’ils appelèrent la Felicia.

La bienheureuse.

Un élégant cabriolet qui brillait sur l’asphalte tchécoslovaque telle une orange sur un tas de pommes de terre.

Dans l’imaginaire de la félicité de cette époque, il y avait également le réfrigérateur, la machine à laver et le téléviseur. Objets de rêve pour des milliers de foyers, comme n’importe quelle voiture d’ailleurs, sans même parler de la Felicia. La posséder faisait de vous un être exceptionnel. Mais pas dans le sens de la force, pas aussi exceptionnel que l’élite politique qui roulait en Cajka soviétiques. Encore moins exceptionnel que les autorités régionales dans leurs Tatra 603 nationales. Il s’agissait d’un esprit*1. Le club des conducteurs de Felicia formait une élite non officielle. Une sorte de clin d’œil.

Conduire une Felicia en juin 1968, alors que débute ce récit, n’était plus aussi exceptionnel que quelques années auparavant. Mais pour un citoyen dont le pays était cerné de fils barbelés, elle restait la voiture dans laquelle il pouvait se sentir aussi libre, l’espace d’un instant, que James Dean sur la route 66.

 

Alexander aimait conduire. Il n’avait pas besoin de ce sentiment de toute-puissance que sa voiture reflétait dans les yeux des passants. Pas un seul jour ne s’écoulait sans qu’on le salue de la main. Il répondait toujours. Cela faisait partie de la politesse. Saluer de la main, dans la région d’Alexander, était une longue tradition. Il n’appartenait pas au groupe de ceux qui saluent de la main sur le trottoir, mais au groupe de ceux qui reçoivent les salutations sur le siège de leur belle voiture.

Alexander occupait un poste dans l’unique entreprise tchécoslovaque de matériel médical. Cette société s’appelait Sanola. Combien de fois ne l’avait-il pas fait visiter à des sommités ! Parmi elles, il y avait le chirurgien Barnard, qui avait réalisé la première transplantation cardiaque humaine au monde.

 

 

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