Extrait

Bien des ciels au-dessus du septième
de Op De Beeck, Griet

Le 07/08/2017 à 10:39 - 0 commentaire

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ISBN :

Total pages :

Prix :

Op De Beeck, Griet

Heloise D'Ormesson

04/05/2017

9782350874074

332

19 €

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ISBN : 9782350874074

Editeur : Heloise D'Ormesson

Prix grand format : 19 €

 

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ISBN : 9782350874081

Editeur : Héloïse d'Ormesson

Prix grand format : 12,99 €

 

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Résumé du livre
En dépit des apparences, ces cinq personnages ont plus de mal à cohabiter avec eux même qu'avec les autres. Plaisirs minuscules saisis au vol, cœurs prêts à éclater, Bien des ciels au dessus du septième capte la poésie du quotidien et restitue l'essence des relations humaines. Une comédie dramatique à la sincérité désarmante, qui fait mouche.

La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie

Eva, Lou, Casper, Elsie, Jos. Cinq narrateurs, cinq voix dont les questionnements sont universels. Eva et Elsie, deux sœurs que tout oppose. L'aînée, éclatante, aime Casper – peintre passionné, qui est fou d'elle –, mais n'ose plaquer mari et enfants pour lui. La cadette, malheureuse en amour, se trouve nulle et se dédie aux autres. Tandis que Lou, sa nièce malicieuse, la trouve géniale. Et Jos, leur père et grand-père, se noie dans l'alcool de peur de regarder la vie en face.
Leurs histoires sont faites de bonheurs inattendus, de complications dérisoires, de secrets trop lourds à porter, d'obstacles insurmontables et de tentatives désespérées pour tout sauver.
(trad. Isabelle Rosselin)

 

Premier chapitre

À toi

(pour tout, et tout le reste)

 

 

voyage

savoure

médite

ris

plonge

reviens

 

SPINVIS

 

Peut-être que lorsque nous voulons tout avoir,

c’est que nous sommes dangereusement près de ne rien vouloir.

 

Sylvia Plath

 

 

1


CERTAINES PERSONNES N’OUBLIENT RIEN

 


* * *

 

 

* * *

 

 

EVA

 


* * *

 

 

QU’AI-JE VU ENCORE ?

 

Une femme en pleine friture, très affairée à empaqueter et à distribuer des tranches de bami, à rendre la monnaie. C’est la personne à l’expression la plus triste qu’il m’ait été donné de voir. Elle portait un T-shirt rose sur lequel était inscrit en lettres scintillantes : LOVE ME. Deux mots sur deux seins plantureux. J’ai pensé : nous nous ressemblons. Je l’ai imaginée rentrant chez elle après une longue nuit de travail, elle et l’odeur d’huile de friture, dans un appartement vide. Comme moi qui allais rentrer à la maison, bientôt, dans un appartement vide. Mais avec mes frites et ma brochette de viande hachée, je m’en rendrais moins compte. Peut-être.

 

Voilà ce que j’ai fait aujourd’hui : j’ai marché dans ma ville et j’ai observé, je me suis arrêtée et j’ai écouté. Parce que c’est ce qu’on fait quand on est seul. J’ai aussi réfléchi. Je réfléchis trop, disent-il. C’est familial, pas moyen d’y échapper.

 

J’ai aussi vu un petit garçon qui apprenait à faire du vélo. Il s’est flanqué par terre au moins dix fois, la onzième il a réussi, en se mordant la lèvre, à rester en selle pendant environ cinq mètres. Puis il est tout de même tombé et après il a déclaré très sérieusement : « Hop là, j’y arrive ! On va boire un chocolat maintenant ? » Il y a eu cette expression sur le visage du père… C’est absurde ce que cela peut m’attendrir.

 

Une femme d’une cinquantaine d’années, qui parlait avec une amie. Elles étaient très blondes toutes les deux. Avec du rouge vif aux lèvres. Comme si on pouvait faire la fête tous les jours. Elles buvaient du café et ne touchaient pas au biscuit servi avec. Elles donnaient dans la franche hilarité. Cela paraissait naturel. C’est là que j’ai entendu l’une d’elles dire en pouffant : « Je ne sais pas pour toi, mais en ce qui me concerne, I am seriously underfucked. » Elle a ajouté en hoquetant de rire qu’elle avait entendu l’expression dans un film et avait songé : il faut que je m’en souvienne, elle est parfaitement adaptée à ma situation. Dans leur conversation, rien ne permettait de savoir si elle avait un mari ou non. Ou si elle riait parce qu’il valait mieux en rire.

 

Un vieux monsieur au regard alerte, qui évoquait à la télévision sa vie et son art. Et son assistante. Il était fou d’elle, disait-il. Tout en lui riait. « Et peut-être même plus que fou. » Mais il n’osait pas utiliser d’autres mots, précisait-il, sans expliquer pourquoi. Je me suis demandé si éviter d’utiliser certains mots permet aussi de contrôler ses sentiments.

 

Je suis seule, mais loin d’être perdue. Parfois je me le dis à haute voix. La plupart du temps, je peux en rire.

 

 

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