Extrait

Berlin finale
de Heinz Rein

Le 28/11/2018 à 13:14 - 0 commentaire

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Heinz Rein

Belfond

20/09/2018

9782714471437

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23 €

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ISBN : 9782714471437

Editeur : Belfond

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ISBN : 9782714475220

Editeur : Place des éditeurs

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Résumé du livre
Avril 1945. Alors que les bombes pleuvent sur Berlin et que les Russes sont aux portes de la capitale, le régime nazi fait une dernière percée, traquant toujours plus fermement juifs, dissidents et déserteurs. Au beau milieu du chaos se débattent Joachim Lassehn, un jeune soldat qui recherche désespérément un endroit où se cacher ; Friedrich Wiegand, un syndicaliste torturé dans les camps, qui essaie de précipiter la fin de la guerre à coups de sabotage ; le docteur Walter Böttcher, qui aide les dissidents à vivre dans la clandestinité et Oskar Klose, barman, responsable du nouveau quartier général de la résistance.

Lisbonne, San Francisco et Tokyo furent détruites par un tremblement de terre en quelques minutes, il fallut plusieurs jours pour que les incendies de Rome, Chicago et Londres s'éteignent. Les brasiers et séismes qui se sont déchaînés sur cet endroit de la surface de la terre, situé au point d'intersection à 52 degrés et 30 minutes de latitude nord et 13 degrés et 24 minutes de longitude est, ont duré presque deux ans. Ils débutèrent dans la nuit claire et sombre du 23 août 1943 et finirent sous le ciel gris et pluvieux du 2 mai 1945.
A cet endroit, à 32 mètres au-dessus du niveau de la mer, encastrée dans une dune de l'ère glaciaire, s'étendait la ville de Berlin, jusqu'à cette nuit où la destruction débuta sa marche funeste.
traduction Germain Brice

 

Premier chapitre

À Erich Weinert

 

 

« La balle en pleine poitrine, le front fendu en deux,

Voilà comment vous nous avez exhibés sur une planche ensanglantée !

Exhibés avec un cri féroce : qu’ainsi notre geste de douleur

Devienne une malédiction éternelle pour celui qui ordonna notre mort ! »

Ferdinand Freiligrath,

Les Morts aux vivants

 

 

AVANT-DERNIER MOUVEMENT

 


* * *

 

 

« La Discorde agite ses serpents, Tous les dieux s’enfuient, Et les nuages de l’orage Pèsent sur Ilion. »

Schiller, Cassandre

 

 

Berlin, avril 1945

 


* * *

 

 

Lisbonne, San Francisco et Tokyo furent détruits par un tremblement de terre en quelques minutes, et il fallut plusieurs jours pour que les incendies de Rome, Chicago et Londres s’éteignissent. Les brasiers et séismes qui se sont déchaînés sur l’endroit de la surface de la terre situé à 52° et 30´ de latitude nord et 13° et 24´ de longitude est ont duré presque deux ans. Ils ont débuté dans la nuit claire et sombre du 23 août 1943 et fini sous le ciel gris et pluvieux du 2 mai 1945.

Là, à trente-deux mètres au-dessus du niveau de la mer, encastrée dans une dune de l’ère glaciaire, s’étendait la ville de Berlin, jusqu’à cette nuit où la destruction a entamé sa marche funeste. D’ancien village de pêcheurs, elle avait été élevée au rang de bourg, de siège des margraves et des princes-électeurs du Brandebourg, de résidence des rois de Prusse et enfin de capitale de l’Empire allemand impérial et républicain. Créée après l’avancée des tribus allemandes dans le territoire des Wendes et des Slaves, des siècles durant, elle se tint à l’écart des régions de culture allemande, forteresse dans le pays colonial, bastion retranché de la vieille partie occidentale, avant-poste de la nouvelle partie orientale, elle n’entra dans le domaine de l’histoire allemande que plus tard, et bien plus tard encore elle y occupa la place centrale. Elle était composée d’une multitude de villes petites, grandes et de taille moyenne, de villages, de hameaux, de propriétés et de fermes, qui étaient dispersés entre la Havel et la partie est du plateau des lacs de Brandebourg, avant de se réunir en s’étirant vers les vieux bourgs de Berlin et de Cölln. Le ciselet de l’Histoire a œuvré avec parcimonie, il y a très peu de traces de son ascension et de sa métamorphose, mais ses multiples visages ont été affinés en quelques traits nobles gravés en profondeur dans le cœur de la ville. Les vestiges du déclin qui a immédiatement suivi son accession au statut de capitale du Grand Empire allemand sont innombrables. Les feux, appelés grands incendies, les orages d’acier tissés dans des tapis de bombes ont transformé la figure ensanglantée de la ville en une tête de mort grimaçante.

La ville s’est vu infliger sa blessure initiale le 23 août 1943, lorsque deux cents avions de l’armée de l’air britannique ont porté la première attaque d’envergure. Les banlieues sud de Lankwitz, Südende et Lichterfelde sont devenues une île de mort, noircie par la fumée, dans l’océan de la vie, mais, cette fois-ci, ce ne fut pas l’océan qui engloutit l’île, mais l’île qui repoussa l’océan, et bientôt elle n’a plus été seule, partout, dans Moabit et la Friedrichstadt, autour de la gare d’Ostkreuz et à Charlottenbourg, sur la Moritzplatz et dans le Lustgarten, des îles de mort sont apparues, elles n’ont cessé de repousser plus loin leurs rivages et se sont rejointes, jusqu’à ce que la ville entière finisse par devenir un pays de mort, au milieu de quelques étendues d’eau dans lesquelles on trouve encore un peu de vie. Chaque attaque arrache un morceau à la structure de la ville, anéantit les biens, dégrade les conditions de vie.

 

 

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