Extrait

Au-dela du lac
de Stamm Peter

Le 07/03/2013 à 18:48 - 0 commentaire

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Stamm Peter

Christian Bourgois

litterature allemande

05/01/2012

9782267022780

13 €

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ISBN : 9782267022780

Editeur : Christian Bourgois

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ISBN : 9782267022988

Editeur : Christian Bourgois

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Résumé du livre
Dans ce recueil, Peter Stamm propose dix nouvelles – genre dans lequel il excelle. Toutes sont situées dans le Seerücken, la région de naissance de Peter Stamm, qui borde le lac de Constance au sud.rnD'une écriture simple et concise, Peter Stamm dresse un portrait de la vie contemporaine par petites touches teintées d'humour, d'humanité et d'honnêteté. Par des situations simples et de brefs dialogues, il parvient à transmettre des réflexions éclairantes sur le mode de vie moderne et les relations qu'il entraîne entre les individus. Contrastant avec les environnements souvent aliénants qu'il décrit, Peter Stamm s'attache la vie intérieure de personnages qui se battent pour (re)prendre le contrôle de leur existence, en finir avec la solitude, la peur, l'échec et la perte qui les assaillent – bien qu'ils sachent aussi par moments profiter de brefs instants d'apaisement de bonheur. À cet égard, les nouvelles de Peter Stamm capturent quelques pensées et événements flottants au sein d'existences en perpétuel état de tension et d'incertitude. À l'image d'instantanés photographiques, elles cadrent un moment de vie sans jamais imposer de jugement ni offrir de résolution définitivement fermée « On parle souvent d'hyperréalisme à propos de Stamm, à juste titre d'ailleurs, mais pour Seerücken je parlerais plutôt de réalisme magique. » Regula Freuler, Neue Züricher Zeitung am Sonntagrn« Un conteur magnifique. » Der Spiegelrn« La base de réalisme sur laquelle s'édifient ses textes ne cesse de tanguer. Dessous guette le démoniaque. Peter Stamm est un expert en la matière. » Christoph Schröder, Süddeutsche Zeitungrn« Peter Stamm passe pour être le spécialiste de la vie non vécue et de la tristesse vécue. Dans son nouveau recueil, il reste fidèle à sa réputation, bien sûr non sans épicer la fade soupe de l'existence de ses héroïnes et héros de moments de mystérieuse intensité. (…)rnDans ses nouvelles, Peter Stamm pousse l'art de la belle faillite suisse vers de nouveaux sommets, il s'agit rarement d'un échec spectaculaire, mais la plupart du temps d'une extinction tout en douceur d'espoir et d'avenir. » Daniela Strigl, Frankfurter Allgemeine Zeitungrn« Le Suisse Peter Stamm est vraiment le grand maître de l'échec, l'échec silencieux dans la vie quotidienne, sans souffrance pathétique. » Karl-Markus Gauss, Die Zeitrn« Si, une fois le livre refermé, le lecteur a l'impression de se réveiller d'une sorte de transe, c'est essentiellement dû au brillant talent de conteur de Peter Stamm. » Lucie Mahac, Berner Zeitung

 

Premier chapitre

Les Estivants

 

 

Vous serez seul ? m’a demandé à nouveau la femme au téléphone. Je n’avais pas compris son nom, j’étais incapable d’identifier son accent. Oui, ai-je répondu. Je cherche un endroit où travailler en paix. Elle a eu un rire curieusement long, puis a voulu savoir sur quoi je travaillais. J’écris, ai-je dit. Vous écrivez quoi ? Un essai sur Maxime Gorki. Je suis spécialiste de littérature slave. Sa curiosité m’a agacé. Ah oui ? Elle a paru hésiter un instant, comme si elle n’était pas certaine que ce sujet l’intéresse. Bon, venez, a-t-elle fini par dire. Vous connaissez le chemin ?

En janvier, j’avais participé à un séminaire dont le thème était les personnages féminins dans les pièces de Gorki. Mon exposé sur Les Estivants devait être publié dans un recueil, mais pris dans le train-train de l’université, je n’avais pas trouvé le temps de le remanier et de le terminer. Je m’étais gardé une semaine de liberté avant l’Ascension, et j’avais cherché un endroit où rien ni personne ne pourrait me trouver ou me distraire. C’était un collègue qui m’avait recommandé l’Hôtel des Thermes. Il y avait passé de nombreuses vacances d’été dans son enfance. À un moment, le propriétaire de l’établissement avait fait faillite, mais il avait entendu dire que l’hôtel avait rouvert quelques années auparavant. Si tu cherches un endroit complètement paumé, c’est absolument là-haut que tu dois aller. J’ai détesté quand j’étais petit.

Les bus pour les Thermes ne circulaient que l’été. La femme au téléphone s’était excusée de ne pouvoir venir me chercher, sans donner la moindre raison, mais je pouvais monter à pied du village voisin, ce n’était pas très long, une heure tout au plus.

 

Le bus a grimpé en serpentant sur une route étroite au milieu d’un paysage de terrasses. Il était pratiquement vide et, au terminus, ne sont descendus à part moi que deux ou trois écoliers qui se sont immédiatement engouffrés dans des maisons. J’avais emporté le minimum de vêtements, mais avec tous les livres plus l’ordinateur, mon sac à dos devait bien approcher les vingt kilos. Qu’est-ce que vous pouvez bien avoir là-dedans ? m’a demandé le chauffeur du bus en m’aidant à décharger. Du papier, ai-je répondu, et il m’a lancé un regard soupçonneux.

Devant la poste se trouvaient quelques panneaux indiquant plusieurs directions. J’ai suivi une petite ruelle puis un sentier, qui traversait d’abord une prairie escarpée pour redescendre ensuite vers une gorge étroite et boisée. En bordure poussaient des petits mélèzes, quelques frênes épars, plus à l’intérieur des épicéas. Le sol était jonché d’arbres tombés, de carcasses de sapins sous lesquels on apercevait encore quelques traces de neige. Le sol était détrempé, mes pieds s’enfonçaient profondément dans la terre noire. Des toiles d’araignées invisibles n’arrêtaient pas de se coller sur mon visage et mes mains. Je ne remarquais aucune trace d’autres promeneurs, j’étais sans doute le premier cette année.

 

 

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