Extrait

Arab jazz
de Karim Miské

Le 30/04/2014 à 09:35 - 0 commentaire

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Prix :

Karim Miské

Viviane Hamy

policier & thriller (grand format)

15/03/2012

9782878585070

298

18 €

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ISBN : 9782878585070

Editeur : Viviane Hamy

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Editeur : Viviane Hamy

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Résumé du livre
A Paris, le 19 est un arrondissement des plus cosmopolite : sushis kasher, restaurant turc, coiffeur juif, libraire arménien...
Seul Ahmed Taroudant demeure à l'écart : prisonnier de son histoire, rêveur, lecteur fou de polars... jusqu'à ce qu'il découvre le corps affreusement mutilé de sa voisine et amie, Laura Vignola, attaché au-dessus de son balcon. Il comprend vite qu'il constitue le coupable idéal. L'horreur de la situation l'extirpe de sa léthargie, et il va collaborer avec les lieutenants de la Crim' qui mènent l'enquête, la flamboyante Rachel Kupferstein et le Breton Jean Hamelot. Les imaginations s'enflamment. Mais, ensemble, ils détiennent les éléments pour décrypter cette mort. Un meurtre symbolique exécuté par un fou de Dieu loubavitch ou salafïste ? Qu'en est-il du père de Laura, Témoin de Jéhovah, dont l'influence s'étend jusqu'à New York ? Quel rôle joue le Godzwill, cette si jolie pastille qui traverse les frontières ?

Foisonnant, pétri de sons, de musiques et de parfums, Arab Jazz est le premier roman de Karim Miské. Né en 1964 à Abidjan d'un père mauritanien et d'une mère française, il réalise depuis vingt ans des documentaires sur des sujets aussi divers que les néo-fondamentalismes juif, chrétien et musulman, la surdité ou la bioéthique.

 

Premier chapitre

Ahmed regarde les nuages dans le ciel, les nuages qui flottent là-bas, les merveilleux nuages. 

Ahmed aime la poésie, pourtant il n’en connaît plus que des bribes qui lui reviennent fugitivement telles des bulles à la surface de l’âme. Souvent les vers arrivent seuls, sans auteur ni titre. Ici, ça lui évoque Baudelaire, une histoire d’étranger, de liberté, un truc anglais. C’était son auteur préféré, Baudelaire, à l’époque, avec Van Gogh et Artaud. Et puis il y avait eu Debord. Et puis il avait cessé de lire. Enfin, presque. Aujourd’hui il achète Le Parisien les matins où il descend. Et quantité de polars industriels angloaméricains : Connely, Cornwell, Cobain. À de rares exceptions près, les noms se mélangent dans sa tête, tant il a le sentiment de lire le même roman. Et c’est cela qu’il recherche. S’oublier en absorbant l’entièreté du monde dans un récit ininterrompu écrit par d’autres. 

Il se fournit à la librairie d’occasion de la rue Petit. Une minuscule boutique du temps d’avant qui a étrangement survécu entre le complexe scolaire loubavitch, la salle de prière salafiste et l’église évangélique. Peut-être parce que M. Paul, un vieil anarchiste arménien, ne rentre dans aucune des catégories d’illuminés qui se partagent désormais le quartier. Et puis il vend sa littérature profane au poids, ce qui le rapproche plus de l’épicier que du dealer de livres shaïtaniques. De temps en temps, le libraire ajoute un ouvrage à la pile sans rien dire. Ellroy, Tosches, un Manchette inédit. Ahmed cligne très légèrement des yeux. Reconnaissant envers son fournisseur de ne pas le laisser sombrer totalement. De ces auteurs, il se souvient. 

Aujourd’hui il n’est pas descendu. Il lui reste une baguette au congélateur, un paquet de tortellini au jambon, une quiche saumon-épinards, assez de beurre pour trois tartines, un reste de confiture de fraises confectionnée par la voisine du dessus, Laura, qu’il aurait désirée s’il savait encore désirer, un pack d’Évian, une plaquette de chocolat noir aux noisettes Ivoria, cinq Tsingtao soixante-six centilitres, une demi-bouteille de William Lawson soixante-quinze centilitres, trois bouteilles de vin – rouge, rosé, monbazillac – et six canettes de bière sans alcool Almaza, lâchement abandonnées par son cousin Mohamed avant son départ pour Bordeaux huit mois plus tôt. Sans oublier un paquet de Tuc, la moitié d’une saucisse sèche, les deux tiers d’un valençay, sept crackers, un demi-litre de lait écrémé et un fond de muesli Leader Price. Plus, bien sûr, la boîte de thé vert Gunpowder et celle de Malongo percolatore. De quoi tenir jusqu’à l’épuisement des trois kilos sept de bouquins achetés la veille à M. Paul. 

Pour l’heure, Ahmed rêve. Il regarde les merveilleux nuages de l’heure du thé et il rêve. Son esprit quitte ce quartier dans lequel il a cessé de vivre depuis cinq ans déjà. Le détachement auquel il aspirait alors approche. Regarder les nuages, lire, dormir et boire le soir venu. Peu à peu, il est parvenu à décrocher de la télévision, des écrans. Les livres colonisent son esprit, il le sait, mais lui sont encore nécessaires. Trop tôt pour qu’Ahmed affronte seul ses démons. Les horreurs des autres, l’imagination malade des autres lui permettent de contenir les monstres tapis dans le fond de son crâne. 

 

 

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