#Archives

Face aux géants du web, "aux éditeurs de prouver qu'ils sont irremplaçables" (Jean-Yves Mollier)

Vous avez également eu accès aux archives du Syndicat National de l'Édition (SNE), bien gardées elles aussi...

Le 05/11/2015 à 17:24 par Antoine Oury

0 Réactions |

Publié le :

05/11/2015 à 17:24

Antoine Oury

Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

C'est en rédigeant son Autre histoire de l'édition française (La Fabrique) que Jean-Yves Mollier, chercheur spécialiste de l'histoire de l'édition, a eu l'envie de retracer l'existence du groupe Hachette, depuis la création de la librairie en 1826 jusqu'à la multinationale de 2015. Hachette, le géant aux ailes brisées, aux Éditions de l'Atelier, représente un travail inédit grâce aux nombreuses archives que Jean-Yves Mollier a pu consulter, qui révèlent notamment l'attitude de Hachette et d'autres maisons d'édition sous l'Occupation. Mais aussi parce qu'il analyse les défis que doit relever le groupe, et qui concernent toute l'édition.

Jean-Yves Mollier (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Dans quelles circonstances avez-vous pu accéder aux archives de la maison Hachette ? 

À travers l'Institut Mémoires de l'édition contemporaine, l'IMEC, qui ne reçoit pas les archives en dons, mais en dépôt : le contrat que l'IMEC fait signer au dépositaire laisse à ce dernier la décision d'autoriser ou non la consultation des archives. 

Il y a deux types de déposants : ceux qui donnent un accord général, et ceux qui veulent donner une autorisation préalable. C'est le cas de Hachette, qui accepte en général les demandes, mais les vérifie. Après la publication de Édition, presse et pouvoir en France au XXe siècle qui leur avait déplu, alors même que c'était publié chez Fayard, une de leurs filiales, ils avaient en quelque sorte fermé l'accès aux documents pour la Deuxième Guerre mondiale.

Mais on peut dire aujourd'hui que les archives Hachette sont disponibles : puisque Lagardère n'a acheté Hachette qu'en 1980, ils pensent qu'après tout ils ne sont pas comptables des 160 années antérieures. Et puis ils ont peut-être compris aussi qu'il vaut mieux communiquer et dire que l'on n’a rien à cacher plutôt que de laisser dire qu'on a quelque chose à cacher.

Effectivement, le SNE, lui, n'avait jamais ouvert ses archives. Il le fit à ma demande, en 2006, et je ne crois pas que quiconque ait été autorisé, ou même ait demandé depuis, mais j'ai eu un accès tout à fait complet.

Malheureusement, ces archives ne sont que des épaves : il y a des dossiers qui remontent à la création du Syndicat, en 1891, mais ils ne sont pas très épais. Et pour la guerre de 1940, ce sont des dossiers très fins. Je sais par d'autres sources qu'il existe chez un avocat en province un dépôt d'une partie des archives, mais, à ce jour, elles ne sont pas accessibles et ne le deviendront que le jour où le Syndicat le décidera.

Qu’avez-vous découvert en consultant ces archives ?

Lorsque l'on couple les archives du SNE, les archives Hachette, ou ce qu'il en subsiste pour la période, et les archives allemandes de la Deuxième Guerre mondiale, à condition de bien lire l'allemand, alors on arrive à reconstituer tout ce que les entreprises ou les syndicats voulaient cacher.

Et j'ai pu montrer, en effet, que la rédaction des listes Otto [listes recensant les ouvrages retirés de la vente par les éditeurs ou censurés par les nazis, NdR] n'est pas simplement une initiative nazie imposée aux éditeurs, mais bien une sorte de mixage entre des listes préparées à Berlin et les listes françaises de chaque éditeur, préparées individuellement. À des fins de vérification, j'ai précisé le nom de la personne chargée de la préparer, pour chaque éditeur, d'après les archives du Comité d'épuration du livre du 6e arrondissement de Paris qui, à la Libération, avait fait passer en pré-jugement, en quelque sorte, tous ceux qui étaient soupçonnés, quitte à les renvoyer devant les tribunaux. Ces archives ne sont accessibles que depuis peu de temps, avec l'ouverture des archives portant sur la Deuxième Guerre mondiale.

Pourquoi les éditeurs ont-ils constitué ces listes ?

Au minimum, pour ne pas subir la défaveur de l'occupant, et dans certains cas, j'ai donné les noms, pour obtenir des faveurs. C'est le cas du responsable des éditions Tallandier qui, véritablement, veut profiter des circonstances pour devenir le patron de l'entreprise et publier toute la littérature qui plaira aux Allemands.

Quelle était la stratégie des éditeurs français envers l'occupant ?

Si l'on prend le cas des éditions Tallandier, ils se sont arrangés pour publier des romans destinés à la jeunesse dans lesquels il y avait des personnages de bons Allemands, de bons Roumains, de bons Hongrois, tous leurs alliés, mais il aurait fallu 30 ou 40 ans pour que ce genre d'idéologie puisse imprégner les esprits. Ils ont aussi essayé de privilégier les traductions de l'allemand. Il y a eu 2000 à 3000 ouvrages traduits de l'allemand sur cette période, mais les éditeurs étaient souvent plus malins : Gallimard a par exemple fait rentrer Goethe dans la Pléiade, ce qui ne posait évidemment aucun problème. Beaucoup d'éditeurs ont joué au chat et à la souris, en publiant le patrimoine. Les Allemands n'étaient pas stupides : ils jouaient, eux, sur l'attribution de papier pour faire pression sur les éditeurs. Mais quatre années n'ont pas été suffisantes pour donner des résultats probants avec ces stratégies, sauf chez quelques éditeurs.

Dans votre ouvrage, vous considérez que l'accord entre Amazon et Hachette survenu en novembre 2014 est une victoire à la Pyrrhus pour la maison française, pourquoi ?

Aucun journaliste ne connaît les termes de cet accord, et ne peut dire s'il s'agit d'une victoire ou d'une défaite. Reprenons le conflit dans son ensemble : Hachette a beaucoup communiqué : d'abord, il a dit qu'il voulait en découdre avec Amazon, et qu'Amazon ne gagnerait pas, il a publié des communiqués extrêmement agressifs, notamment sur le site de Hachette Book Group. Quand on reprend tous ces communiqués les uns à la suite des autres, on se rend compte que le ton baisse au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'accord. Accord qu'Hachette, à la demande d'Amazon, n'a pas publié.

D'après moi, il s'agit véritablement d'une victoire à la Pyrrhus, donc d'une défaite : le conflit portait sur le prix de commercialisation des fichiers numériques de Hachette Book Group aux États-Unis, ou dans le reste du monde à partir de l'édition américaine de ses fichiers. On sait que la politique d'Amazon est de vendre le maximum d'objets, ce qui nécessite un prix d'appel le plus bas possible pour chaque objet. Amazon ne va gagner que quelques centimes par vente, mais, s'il y en a des millions, il va évidemment gagner beaucoup d'argent. Or, Hachette, comme la plupart des éditeurs français, ne veut pas abaisser de manière trop importante le prix des fichiers numériques par rapport à l'édition papier. En clair, Hachette voulait continuer à vendre entre 12,99 $ et 19,99 $, selon l'épaisseur et le type d'ouvrage, les volumes devenus des fichiers numériques. Amazon, lui voulait harmoniser à 9,99 $, le prix d'appel le plus compétitif dans le monde. Je ne connais pas l'accord, mais on peut imaginer qu'il est beaucoup plus près du prix proposé par Amazon que du prix que désirait Hachette.

Comment expliquez-vous cette défaite, alors même que Hachette avait reçu le soutien de ses auteurs et d'une bonne partie du monde du livre ?

Je considère que c'est une reddition en rase campagne, mais je ne condamne pas Hachette : pendant 180 ans, la puissance de la librairie Hachette puis du groupe Hachette est telle qu'il arrive à triompher de tous les obstacles. Locaux, régionaux, nationaux et même européens en 2002-2004 quand ils se sont opposés à la Commission européenne. Mais il serait tout à fait fallacieux d'imaginer qu'Hachette a gagné en 2014. Comment pourrait-il gagner avec un chiffre d'affaires de 2 milliards €, par rapport à un géant qui en pèse 80 milliards en 2014 et sans doute plus en 2015 ? Les chiffres d'affaires cumulés des 10 éditeurs mondiaux atteignent une trentaine de milliards €, c'est-à-dire 40 % du chiffre d'affaires du seul Amazon. Les entreprises du Net sont colossales : Apple, c'est plus de 650 milliards €, avec 15 milliards € de bénéfices par trimestre. Hachette est un fétu de paille face à eux, et c'est ce qui m'a intéressé dans ce livre. Il me semble que la situation est grave, Hachette tente de se donner les moyens de trouver une brèche par où combattre cet empire, mais à ma connaissance, pour le moment, ils ne l'ont pas trouvé.

Le contrat d'agence, remis en place depuis quelques mois, et qui laisse à l'éditeur le soin de fixer le prix de vente des ouvrages, n'est-il pas la réponse aux règles que les acteurs du Web tentent d'imposer ?

Bien sûr, le contrat d'agence est un moyen de lutter, mais quelle est la stratégie d'Amazon ? Il s'agit d'une entreprise jeune, qui est avant tout un distributeur, le plus gros du monde, probablement. Il est ensuite devenu éditeur, avec la distribution de prix littéraires, et en encourageant l'autoédition. Ça veut dire qu'au même moment où il négocie avec Hachette, Macmillan ou Simon & Schuster, il tente de passer au-dessus de ces éditeurs en faisant la promotion de l'autoédition, c'est-à-dire se passer des éditeurs.

Premier prix Amazon de l'autoédition

Remise du premier Prix Amazon de l'autoédition (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Ces géants ont plusieurs stratégies, qu'ils mènent en parallèle : ils négocient avec les éditeurs, comme ils négocient avec les syndicats ou associations d'auteurs, mais leur objectif final est de casser le système. Jusqu'à maintenant, la Guilde des Auteurs aux États-Unis joue le jeu de l'édition traditionnelle, elle a demandé à ses auteurs de ne pas signer d'accord avec Amazon et de ne pas se faire autoéditer. Amazon propose 35 % de droits d'auteur, si vous avez un éditeur, et 70 % si vous faites de l'autoédition. Autant dire que vous pouvez gagner, au minimum, 7 fois plus qu'avec l'édition traditionnelle. Combien de temps les auteurs vont-ils résister à ce chant des sirènes ? Très peu de temps, à mon avis.

À Francfort, Arnaud Nourry a pourtant assuré que l'autoédition ne lui faisait pas craindre de perdre son métier...

Il y a deux aspects dans sa réponse, et le premier est en quelque sorte un satisfecit qui tient compte de l'histoire : l'autoédition n'a pas été inventée par les géants de la net économie, elle existe depuis plusieurs siècles, sous l'Ancien Régime, puis au XIXe et au XXe, et elle se poursuit avec Internet.

Sauf qu'il y a une véritable rupture si l'on considère l'histoire de Cinquante Nuances de Grey : voilà un ouvrage d'abord autoédité, qui passe ensuite à une forme intermédiaire entre l'autoédition sur Internet et l'édition, puis, comme il est repéré par un éditeur majeur, devient un livre ordinaire, publié. Il aura 40 ou 50 millions, non pas de lecteurs, mais d'acheteurs, des chiffres faramineux. S'il s'agit d'un événement isolé, un arbre ne cachera pas la forêt, mais si les cas se multiplient, je ne vois pas très bien comment l'autoédition ne deviendrait pas un raz-de-marée qui balaierait l'édition.

Le second aspect est celui des actionnaires : une entreprise privée ne vit qu'au temps que ses actionnaires continuent à acheter le titre Hachette et à le faire monter, ou en tout cas ne pas le faire baisser. S'il avait paniqué à Francfort, Arnaud Nourry aurait fait perdre 10 ou 15 % au titre Hachette, avant un effet boule de neige.

Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

L'empire Hachette Book Group, plus fragile qu'il n'en a l'air (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Prenons acte des déclarations d'Arnaud Nourry, souhaitons-lui, éventuellement, de trouver avec ses collègues les parades, mais, en tant que chercheur indépendant, je suis sceptique. Pour la première fois de ma carrière, je le suis parce que le poids économique de ces géants est tel que je ne vois pas comment les éditeurs vont trouver les moyens véritables de lutter. La radio aurait pu être un concurrent important pour l'édition, les éditeurs ont su trouver les parades, en l'utilisant pour la publicité, le théâtre radiophonique... La télévision aurait pu en être un autre : les éditeurs sont entrés au capital, ça n'a pas toujours été heureux — au fond, le dernier échec de Jean-Luc Lagardère, avec Silvio Berlusconi, fut avec la chaîne La Cinq, dont ils étaient actionnaires-propriétaires —, mais ils sont entrés. Le cinéma, aussi : les éditeurs ont su trouver les parades pour tous les concurrents. Mais là, ils ne disposent pas du trésor de guerre qui leur permettrait d'entrer au capital de ces sociétés.

Est-il donc trop tard pour la survie de l'édition telle qu'on la connaît aujourd'hui ?

Le fait de bien cerner un problème, et à ce sens mon livre peut être utile, peut permettre d'éviter des erreurs. Je ne crois pas qu'il soit trop tard, mais il faut trouver les moyens d'informer les lecteurs sur ce qui fait la différence entre l'autoédition et l'édition. Pour le grand public, au fond, il n'y a pas de raison que les éditeurs prennent un bénéfice : si quelqu'un a eu l'intelligence ou l'imagination pour écrire un roman, au fond, autant qu'il soit publié le plus vite possible. Ce qui est totalement faux, car il n'existe pas de romancier qui donne son roman directement à l'imprimeur. L'édition est un travail collectif, celui des directeurs de collection, des lecteurs, des correcteurs, tous ces gens qui vont faire que le texte que produit l'écrivain devienne un véritable livre. Le grand public vit sur l'idée fausse que les écrivains écrivent des livres : un poète écrit des poèmes, un dramaturge écrit des pièces de théâtre, et un romancier des romans, mais l'éditeur les transforme en livre.

Aux éditeurs de prouver que leur rôle est irremplaçable, ce qui veut dire qu'il faut cesser de promouvoir certains livres comme des paquets de lessive : il faut se souvenir que l'éditeur est un offreur, et non pas quelqu'un qui suit la demande. C'est quelqu'un qui anticipe les besoins, les désirs du public, qui est prêt à faire confiance à ceux qui dérangent, qui perturbent. Parce qu'elle est une industrie de prototype, l'édition doit continuer à accorder toutes les facilités aux jeunes pour écrire, et pas seulement publier et aider ceux qui vendent bien, même s'il est évident que ceux-là aussi ont leur rôle à jouer. La situation, si l'on se place du côté des auteurs, est dramatique : il y a de moins en moins de possibilités pour quelqu'un qui n'a pas un nom connu de devenir un écrivain digne de ce nom. Souvenons-nous, il y a un an et demi, des 600.000 exemplaires vendus du livre de Valérie Trierweiler : ce n'est pas tellement parce qu'elle raconte ses aventures avec le président, mais plutôt parce qu'elle a un nom. On n'a pas acheté un livre qui a une valeur littéraire, sociologique ou ethnologique, on a acheté son nom. Et probablement sans avoir lu le manuscrit. 

Nous apprenons aujourd'hui qu'Amazon ouvre sa première librairie physique à Seattle, constituée à partir du jugement des acheteurs : les livres qui ont deux, trois ou quatre étoiles vont être les seuls à être présentés sur les rayonnages. Cela veut dire qu'on fait confiance au consommateur pour dire quels sont les meilleurs livres. À ce prix, jamais La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II de Fernand Braudel n'aurait eu le moindre lecteur puisqu'il s'en était vendu 120 exemplaires en une dizaine d'années. Jamais Le Rouge et le Noir de Stendhal n'aurait pu être lu, puisqu'il n'avait pas eu 500 lecteurs lorsqu'il a été publié.

Finalement, les éditeurs ont tout intérêt à continuer à appliquer la fameuse règle de Diderot en 1763 : sur 10 livres publiés, 5 ne rapporteront jamais rien, 4 couvriront leurs frais et un seul va rapporter de l'argent...

L'extraordinaire PDG de Fayard qu'était Claude Durand a toute sa vie expliqué que c'est le fonds qui nourrit une maison d'édition, et c'est pour avoir fait confiance à un certain nombre d'auteurs qui risquaient de ne pas vendre beaucoup d'exemplaires qu'ils ont fini par couvrir leurs frais. C'est, il me semble, incompatible avec la politique menée aujourd'hui par trop d'éditeurs qui se contentent de promouvoir les valeurs sûres. L'investissement se réduit, et on assiste à Paris à une véritable coupe dans les catalogues des maisons d'édition. On ne propose plus de contrat aux auteurs dont les livres ne se sont pas assez vendus et on propose le maintien ou la poursuite des contrats uniquement à ceux qui font gagner beaucoup d'argent à la maison. Il ne s'agit pas de demander aux éditeurs de devenir des mécènes ou des philanthropes, simplement de maintenir cette règle de l'équilibre.

La baisse des tirages et la hausse des titres publiés observés en 2014 ne sont-ils pas le signe d'un investissement dans plus de livres, justement ?

Si l'on se contente d'une analyse quantitative, on pourrait dire que les éditeurs investissent sur l'avenir en publiant plus de titres, mais une analyse qualitative permet de se rendre compte que les éditeurs appliquent une vieille recette du monde de l'économie qui consiste à assécher le marché en y mettant le maximum de productions du même genre pour éviter que les concurrents ne viennent sur ce marché. Il n'y a pas eu de multiplication de l'offre, il y a simplement eu augmentation colossale du nombre de titres.

D'ailleurs, ce ne sont pas forcément les grandes maisons d'édition qui publient plus : L'Harmattan, qui ne publie jamais un livre à plus de 300 ou 500 exemplaires, essentiellement des thèses, est pratiquement le premier imprimeur, qui publie plus de 2500 titres par an. N'oublions pas non plus les petits éditeurs, très nombreux. Le tout réuni fait qu'en France, qui n'a pas une démographie galopante, nous sommes passés d'environ 40.000 titres par an à 70.000 titres, nouveautés et réimpressions. 70.000, ce n'est absolument pas réaliste. On a doublé une pseudo-offre, mais comme le nombre d'acheteurs n'augmente pas, et c'est le tirage qui s'en est ressenti.

Kindle tactile d'Amazon déballage

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Hachette investit massivement dans le développement d'un standard pour le livre numérique, et milite pour l'interopérabilité des ebooks : cette attitude vous semble-t-elle encouragée par une forme de riposte contre Amazon ?

Lorsque l'on voyage, on se balade avec un adaptateur pour les prises électriques, ne serait-ce que pour recharger le téléphone ou le rasoir électrique. D'un point de vue de la logique, on préférerait avoir une interopérabilité pour pouvoir passer de Kindle à Kobo ou un autre acteur. Amazon souhaite garder le marché du Kindle, mais sur ce point précis, Hachette a raison. Et à mon avis, Amazon ne s'entêtera pas : pour le moment, la chasse est gardée, mais le jour où il verra un risque de perdre des clients, il acceptera l'interopérabilité. 

Quant aux investissements de Hachette dans la définition des standards, j'y vois surtout une tendance naturelle. Les éditeurs ont investi dans les imprimeries à l'époque où le livre était en papier : une des plus grosses imprimeries de France, Brodard et Taupin, était la propriété à 100 % de la maison Hachette, de la même manière que Louis Hachette avait investi dans les papeteries d'Essonne, devenues les usines Darblay, la plus grosse papeterie du monde en 1900. Il y a toujours eu une volonté des éditeurs de contrôler le marché en amont et en aval, de la production du papier jusqu'à la diffusion et la vente des livres au détail. C'est une manière d'être présent sur un marché diversifié, dans une logique économique. Si les éditeurs parvenaient à s'emparer de la totalité des fabricants de liseuses, alors ils auraient une réponse, pour un moment. J'ajoute « pour un moment », car Amazon créerait sans doute un autre support, avec la capacité d'influencer le marché.

Vous évoquez finalement peu Arnaud Nourry dans votre ouvrage : que pensez-vous de sa carrière et de sa gestion ?

Oui, j'en parle peu, car j'évite d'abord de faire des personnalisations. J'ai connu plusieurs PDG de Hachette, notamment Jean-Louis Lisimachio, dont Arnaud Nourry était le bras droit. Il était alors le PDG du groupe Foucher-Didier, des maisons d'édition scolaire, et au moment du rachat de 40 % de Vivendi, en 2003, il y a eu un désaccord stratégique entre Arnaud Lagardère et une partie de son équipe, il a écarté Lisimachio au bénéfice d'Arnaud Nourry, devenu le PDG de l'ensemble du groupe. Arnaud Nourry, comme Lisimachio, fait partie des anciens d'HEC ou de l'Essec, des professionnels du management qui connaissent parfaitement les règles de l'économie, parlent et lisent parfaitement l'anglais.

Arnaud Nourry a su, jusqu'en 2006, conduire une véritable transformation au sein de Hachette : lorsqu'en 2003-2004, il reprend 40 % d'Editis, Hachette est essentiellement français, même s'il est présent aux États-Unis avec Grolier, sans grand succès, et en Espagne par Salvat, qui est plus cohérent, et quelques filiales en Amérique du Sud et Angleterre. Mais tout l'effort d'Arnaud Nourry va consister à racheter toutes les maisons d'édition du bassin anglophone, voire hispanophone, qui sont disponibles. Il va réussir ce coup de génie en 2006, au moment où s'écroule le géant né en 1998, AOL Time Warner : AOL revend Time Warner Book Group et Hachette s'en empare. Comme il a déjà racheté les maisons d'édition disponibles en Angleterre, Australie et Nouvelle-Zélande, il devient le numéro 1 en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande, et le numéro 2 du trade aux États-Unis, derrière Bertelsmann avec Penguin Random House.

Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

Arnaud Nourry, en octobre 2015 à Francfort (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Avant l'apparition des GAFA, Arnaud Nourry a mené une stratégie cohérente à laquelle on ne peut que rendre hommage. Aujourd'hui, Hachette réalise 1/3 de son chiffre d'affaires en France, contre 2/3 dans le reste du monde. Il a même jeté des têtes de pont en Inde, en Asie, en Chine, on peut dire qu'il y a eu une bonne perception de ce qu'il se passait. Mais l'apogée était peut-être proche du périgée : au moment même où Hachette était au summum de sa puissance, il rencontre beaucoup plus fort que lui, avec l'apparition de ces géants du Net.

Vous évoquez dans votre livre l'influence qu'a su exercer Hachette sur les différents régimes politiques, cette influence se maintient-elle aujourd'hui ?

Pour l'influence sur le gouvernement, je ne suis pas tout à fait sûr que François Hollande ait apprécié le fait que le PDG des Arènes ait signé un accord exclusif de distribution avec Hachette au mois de juillet 2014, quelques semaines avant de produire Merci pour ce moment. François Hollande sait pertinemment que si Les Arènes ont gagné de l'argent en éditant Valérie Trierweiler, c'est Hachette qui en a gagné le plus en diffusant et en distribuant...

Le Bureau du SNE à l'Elysée.  Crédits photo © Présidence de la République - L. Blevennec

Mais, pour autant, on sait que le groupe Hachette est capable de développer ses antennes du côté du ministère de la Culture et de Fleur Pellerin, il l'a fait sous tous les gouvernements : la monarchie, l'Empire, la III, la IV, la Ve République, il continuera demain sous la VIe s’il y en a une un jour. Il y a donc un maintien de cette stratégie, mais elle est désormais mondiale, puisque l'Europe ne représente plus que 45 % de son chiffre d'affaires environ. Les défis ne sont plus au niveau de la France, ou même de l'Europe, ils sont mondiaux : même si Hachette regarde les éventuelles modifications européennes du droit d'auteur, il s'intéresse bien davantage aux mutations à l'échelle planétaire. Hachette est plus intéressé par l'Asie, en Chine et dans le sous-continent indien : ces marchés ont un énorme potentiel. La Chine a déjà deux groupes dans le top 10 des plus gros éditeurs mondiaux.

Si l'on parle beaucoup d'Amazon, l'ennemi public numéro 1, pour Hachette, semble bien être Google...

J'ai osé la comparaison entre les GAFA, Google, Amazon, Facebook et Apple, et les 4 Cavaliers de l'Apocalypse, mais Google demeure effectivement l'ennemi numéro 1, parce qu'il a numérisé dans les années 2000, jusqu'à la fin des années 2010, des millions d'objets imprimés : des livres, photographies, partitions... Google a passé des accords avec de grandes universités et bibliothèques, jamais publiés : pour les connaître, il a fallu qu'un cabinet d'avocats lyonnais fasse un procès à la Ville de Lyon, qui avait signé un accord avec Google pour la Bibliothèque municipale de Lyon. Le cabinet a gagné, ce qui a permis de connaître la teneur des accords.

Google s'est arrangé pour numériser le contenu des bibliothèques à l'aveugle, car une numérisation au cas par cas coûterait trop cher. Mais il n'a pas fait le tri entre domaine public, les oeuvres qui ont un auteur et dont la propriété littéraire appartient à une maison d'édition, et les oeuvres orphelines. Selon le principe de l'opt-out, Google attendait que les éditeurs réagissent, ce que Hachette a fait : c'était un peu un retour au XVIIIe, quand L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert est contrefaite à Genève, à Lausanne, à Iverdon et dans d'autres villes. Et Hachette a raison.

La politique de Google en la matière n'est pas très claire : on s'est demandé si cette fièvre de la numérisation n'était pas un moyen de se constituer un catalogue extraordinaire d'oeuvres dans le domaine public, ou orphelines, dont il serait le seul à pouvoir commercialiser les fichiers. Google, non pas en tant que moteur de recherche, mais en tant qu'entreprise pouvant se transformer en éditeur à la carte, en distributeur et en libraire, représente une véritable menace. Et quand les tribunaux américains semblent lui donner raison face à la Guilde des Auteurs, il y a une brèche qui rend le terrain des éditeurs de plus en plus instable. 

Accord numérisation Google Books - Hachette Livre

En 2010, Hachette signait avec Google Books une série d'accords pour la numérisation de ses livres

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Pour quelle raison Google s'est-il emparé des chantiers de numérisation dans le monde entier ?

Avec mon ami Robert Darnton, directeur des bibliothèques d'Harvard jusqu'au mois de mai dernier, et Roger Chartier, professeur au Collège de France, nous nous sommes réunis à de nombreuses reprises avec un projet utopiste : faire en sorte que dans chaque pays la Bibliothèque nationale devienne la bibliothèque numérique du pays et qu'ensuite on interconnecte toutes ces bibliothèques pour avoir une vraie bibliothèque numérique. 

Ca me laisse un regret très amer, parce qu'au début des années 1990, lorsque la BnF a été transférée de la rue de Richelieu à Tolbiac, il y avait un projet de numérisation à marche forcée : j'ai signé en 1991 avec Fayard un contrat autorisant la BnF à numériser gratuitement L'Argent et les lettres: Le capitalisme d'édition (1880-1920) que j'avais publié trois ans auparavant [chez Fayard, NdR], à des fins de recherche. Ce contrat n'a jamais été honoré : quand la nouvelle BnF a ouvert en 1998, elle aurait dû avoir 100.000 volumes numérisés, elle n'en avait quasiment aucun. 

Je n'accuse pas ces grands groupes : si la BnF avait numérisé, jamais Google ne se serait intéressé à cette question. La nature a simplement horreur du vide, et ces entreprises ont comblé des vides. Il existe, pour la recherche, un certain nombre de bibliothèques numériques publiques : il existe Gallica, aujourd'hui Gallica 2, Europeana, la Bibliothèque électronique du Québec, aux États-Unis toute une série de bibliothèques publiques numérisées. Aujourd'hui, la plus grande bibliothèque du monde est possédée par une firme dont la logique est de faire de l'argent, ce qu'on peut difficilement lui reprocher. 

Nos collègues chinois nous ont expliqué qu'ils ont décidé de numériser sous l'autorité de la bibliothèque nationale de Pékin la totalité de leur patrimoine : ils ont commencé par les textes sur rouleau, et progressent ainsi. Ils ont des missions à Paris, à New York, à Londres, qui dépensent de l'argent pour numériser tous les manuscrits ou livres chinois qui sont possédés par les différentes bibliothèques. Ils n'ont pas voulu laisser Google entrer et je pense qu'ils ont raison, même si on ne sait toutefois pas si leur bibliothèque numérique sera en accès gratuit ou payant.

Commenter cet article

 

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

"On veut mélanger les deux formules : populaire et élitiste"

Montmorillon24 — Il y a 10 ans s'éteignait Régine Deforges. L'autrice et éditrice native de Montmorillon a marqué de son encre les lettres françaises et le paysage culturel de sa région natale. Cette année, le festival du livre de Montmorillon lui rend un hommage appuyé. ActuaLitté a pu s'entretenir au sujet de cette édition spéciale, avec le maire de la ville, Bernard Blanchet, et David Aladenise, son adjoint à la culture.

31/05/2024, 18:07

ActuaLitté

“Mettre un coup de frais, un coup de jeune et de talent”

Montmorillon2024 — Programmatrice des rencontres de Montmorillon depuis 2022, Anne-Lise Dyck-Daure avait cette année pour mission d'ouvrir le festival à de nouveaux horizons littéraires, tout en conservant un ancrage territorial. ActuaLitté a pu s'entretenir avec elle, à un peu plus d'une semaine de l'ouverture du Festival du livre de Montmorillon.

 

31/05/2024, 12:17

ActuaLitté

Zebra Comics fait les beaux jours de la BD africaine

Beaucoup de dynamisme se dégage de cette jeune équipe de Zebra Comics. Cette startup basée à Douala, la capitale économique du Cameroun, est en train de s’illustrer internationalement. Njoka Suyru, l’un de ses fondateurs, est curieux, réactif et porteur d’une belle énergie. Nous avons discuté une bonne heure en visio. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Arica.

30/05/2024, 11:05

ActuaLitté

“La littérature n’est pas un miroir, mais une fenêtre sur le monde”

Loredana Lipperini, née en 1956 à Rome, est une journaliste, autrice et essayiste italienne. Elle anime l’émission radiophonique de culture et littérature Fahrenheit sur Rai Radio 3 et a été jurée de plusieurs prix littéraires en Italie ainsi que consultante pendant sept ans pour le Salon International du livre de Turin.

28/05/2024, 11:09

ActuaLitté

Les Imaginales, “vouées à devenir la plus grande fête de l'Imaginaire”

MementoMori - L'édition 2024 des Imaginales s'achève ce dimanche, le second sous la houlette du dessinateur Gilles Francescano, qui dresse avec ActuaLitté un bilan à chaud, placé sous la précieuse sensation d'être à la bonne place.

26/05/2024, 18:33

ActuaLitté

Chris Vuklisevic : "J'ai cherché à confronter les lecteurs avec leur mortalité"

MementoMori – Chris Vuklisevic a commencé par être le Coup de coeur des Imaginales 2024 dès février, avant de remporter le prestigieux Grand Prix de l'Imaginaire, et enfin Le Prix des Imaginales, à chaque fois pour son roman, Du thé pour les fantômes, paru dans la collection Lunes d'encre de Denoël en mai dernier. Un an après, la jeune autrice confirme sa place de pépite du genre.

25/05/2024, 15:42

ActuaLitté

John Gwynne : la mythologie nordique à hauteur d'homme et de femme

MementoMori – L'auteur de fantasy britannique John Gwynne a été présenté au public français grâce aux éditions Leha, dix ans après la sortie de son premier roman en 2012. Depuis, quatre de ses ouvrages sont parus en France, de deux de ses séries. Le second tome de sa Confrérie du sang, La Faim des dieux (trad. Thomas Bauduret), paraîtra le 13 juin prochain. À l'occasion de sa première venue aux Imaginales, ActuaLitté s'est entretenu avec l'écrivain de Fantasy, et son éditeur.

25/05/2024, 09:50

ActuaLitté

Sue Rainsford : “J'ai une grande tolérance pour les scènes gores”

MementoMori – L'Irlandaise Sue Rainsford n'avait pas pu célébrer son Prix du Roman étranger aux Imaginales l'année dernière, mais avait eu une bonne excuse : « J'étais enceinte jusqu'au cou. » Elle se rattrape cette année, et c'est peu de le dire, avec une rencontre et la participation à trois tables rondes, le tout pour une première participation au festival de l'imaginaire. Faut dire que le thème de cette année sied parfaitement à celle qui, en seulement deux romans, s'est imposée comme une plume importante du body-horror.

24/05/2024, 09:55

ActuaLitté

“Les Rendez-vous de la BD d'Amiens sont vitaux”

RDVBDAmiens2024 – « Cette manifestation est un instant majeur pour la bande dessinée en France. » Le directeur de l’Agence régionale du livre et de la lecture des Hauts de France, François Annycke, n’y va pas par quatre chemins. Quand il s’agit des Rendez-vous de la BD d’Amiens, porté par l’association On a marché sur la Bulle, tout le territoire est concerné.

23/05/2024, 10:21

ActuaLitté

“Notre cahier des charges, c’est un festival de qualité et populaire”

Comediedulivre2024 – 2025, dans l’événementiel, c’est loin… et c’est demain. Mais pour l’instant, les équipes savourent la fin du salon : en renouant avec les médiathèques, les 17 et 18 mai, les rencontres hors les murs ont déployé la manifestation par-delà le département. D’autant que pour la seconde (ou deuxième ?) année, la Comédie quittait la traditionnelle esplanade Charles-de-Gaulle, en travaux. 

22/05/2024, 10:34

ActuaLitté

La collection Angle Mort remet de la science dans la SF

L'éditeur indépendant L'Œil d'or inaugure avec le recueil de nouvelles Multiversalités une collection inédite, « Angle Mort ». Dérivée de la revue homonyme qui circule en ligne depuis 2010, elle en partage l'ambition : penser autrement la science-fiction et le monde avec. Directeur de cette publication depuis 2014, le sociologue Julien Wacquez nous présente cette nouvelle initiative.

21/05/2024, 16:16

ActuaLitté

Manuel Vilas : “L’imagination, c’est gratuit : on ne paye ni impôt ni taxe”

Comediedulivre2024 – Manuel Vilas, l'auteur espagnol, a captivé le public français avec ses œuvres telles qu'Ordesa, Alegria et Les Baisers (Éditions du sous-sol, trad. Isabelle Gugnon). Son style unique et sa plume d'une grande beauté offrent un regard inédit sur la vie humaine et notre époque contemporaine. Avec Irene (trad. Isabelle Gugnon) il présente à Montpellier un nouveau chef-d'œuvre. 

18/05/2024, 14:15

ActuaLitté

Les Ensablés : 15 années à exhumer des écrivains

Cela fait déjà 15 ans qu’ActuaLitté se met au service des Ensablés, cet ensemble d’œuvres oubliées exhumées par l'équipe. Alors, pour fêter cet anniversaire si particulier, les chroniqueurs anonymes sont passés de l’autre côté des lignes. Interview.

16/05/2024, 17:35

ActuaLitté

"Quand on parle d'exil on a envie de rétablir une certaine vérité"

PrixPorteDoree2024 – Les Prix de la Porte Dorée étaient remis ce mardi 14 mai au Palais du même nom. Dans la catégorie bande dessinée, Charles Berberian a été primé pour Une enfance orientale. La présidente du jury et scénariste de la BD Aya de Yopougon, Marguerite Abouet, salue une oeuvre « intime et universelle ». ActuaLitté s'est entretenu avec elle.

16/05/2024, 17:10

ActuaLitté

Sabyl Ghoussoub, “président” des écrivains de l'exil

PrixPorteDoree2024 — Sabyl Ghoussoub, auteur et journaliste français d'origine libanaise, présidait cette année le jury du Prix littéraire de la Porte Dorée. Dans l'enceinte du Musée de l'immigration, lui et son équipe de jurés ont décidé de désigner deux lauréates ex-aequo, Seynabou Sonko et Élise Goldberg. À l'occasion de la soirée de remise des prix, ActuaLitté a eu la chance de discuter avec lui.

16/05/2024, 11:32

ActuaLitté

Seynabou Sonko, Elise Goldberg : un bonheur partagé

PrixPorteDoree2024 – Seynabou Sonko et Elise Goldberg viennent d'être élues lauréates ex-aequo du Prix de la Porte Dorée. La première pour Djinns (Grasset), la seconde pour Tout le monde n’a pas la chance d’aimer la carpe farcie (Verdier). Ces deux primo-romancières ne sont pas liées que par ce prix, elles sont aussi amies dans la vie. ActuaLitté s'est entretenue avec elles lors de la soirée de remise des prix qui avait lieu le 14 mai au Palais de la Porte Dorée, qui accueille le Musée de l'immigration.

15/05/2024, 18:15

ActuaLitté

Charles Berberian : accompagner le chaos d'Une éducation orientale

PrixPorteDoree2024 – Ce mardi 14 mai, l'ambiance était littéraire au Palais de la Porte Dorée. Dans ce lieu d'exception, qui accueille entre autres le Musée de l'immigration, étaient remis les Prix de la Porte Dorée, récompensant une oeuvre qui traite de l’exil, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires. Pour le Prix BD, c'est Charles Berberian qui a été désigné lauréat, avec Une éducation orientale (Casterman). ActuaLitté a eu l'occasion de s'entretenir avec lui.

15/05/2024, 15:15

ActuaLitté

La dessinatrice Elizabeth Pich a une suggestion : restons idiots

LeLivreaMetz24 – Le questionnaire de Proust est un excellent outil pour en découvrir davantage sur son écrivain préféré en un temps limité. Elizabeth Pich, autrice et illustratrice germano-américaine, a accepté de se prêter au jeu, invitée cette année du festival Le Livre à Metz.

21/04/2024, 14:52

ActuaLitté

Le directeur de RFI, Jean-Marc Four, face à la désinformation

LeLivreaMetz24 – Comment décrypter l’information dans un monde globalisé, nourri de milliards de données chaque jour ? C'est une des questions que se posent l'auteur de La guerre de l'Information (Tallandier), David Colon, le journaliste et grand reporter Olivier Weber, et le jeune directeur de Radio France internationale (RFI), Jean-Marc Four. Ce dernier a accepté d'évoquer ce complexe et épineux sujet auprès d'ActuaLitté, à l'occasion du festival qui allie littérature et journalisme, Le Livre à Metz.

20/04/2024, 18:20

ActuaLitté

Sylvain Prudhomme dépasse les bornes familiales

PrixFrontieres2024 – Le 6 mars dernier, Sylvain Prudhomme a été désigné lauréat 2024 du 4e Prix Frontières, pour son roman L'enfant dans le taxi, paru aux Editions de Minuit. À l'occasion de la remise de la récompense littéraire durant le Festival Le Livre à Metz, ActuaLitté a pu s'entretenir avec le Prix Fémina 2019.

20/04/2024, 14:48

ActuaLitté

Rosella Postorino : “J’écris parce que la mort existe”

VoixItaliennes – Dans cette série d'entretiens nous donnons la parole à des écrivaines et journalistes italiennes qui s’expriment à propos de leur activité d'écriture mais aussi de leur engagement social ou politique. A travers des voix parmi les plus intéressantes de la littérature italienne contemporaine nous aurons un portrait des défis et des questions qui animent le débat culturel dans le Bel Paese.

20/04/2024, 12:56

ActuaLitté

"Dans la littérature comme le journalisme, aller au-delà des apparences"

LeLivreaMetz24 – « Gare aux apparences » est le grand thème de l'édition 2024 du festival qui allie journalisme et littérature, Le Livre à Metz. Une expression qui devrait être, - car elle ne l'est pas toujours -, un des principaux mantras du monde de la presse. C'est en tout cas l'avis de David Le Bailly, journaliste et auteur de l'Hôtel de la Folie, paru au Seuil la rentrée littéraire dernière, qui avec cet ouvrage remporte Le Prix Le Livre à Metz.

19/04/2024, 11:00

ActuaLitté

“Un prix d'autant plus précieux qu'il est décerné par des enfants”  

LeLivreaMetz24 – Le prix jeunesse Graoully 2024 - à ne pas confondre avec l’ancien Graoully d'or, tourné SF - a été décerné à Marie Caudry pour son album, Ah ! Les voyages, publié chez Thierry Magnier. L’autrice recevra sa gratification littéraire à l’occasion du festival Le Livre à Metz, qui cette année alerte, « gare aux apparences »... Une expression qui va à ravir à l'œuvre ici récompensée… 

19/04/2024, 09:00

ActuaLitté

Grégoire Delacourt : “Croire en la générosité, dans une époque où l’égoïsme tue”

Dans l'univers littéraire, peu d'auteurs parviennent à tisser une connexion aussi profonde et réfléchie avec leur œuvre et leur lectorat que Grégoire Delacourt. Ce 17 avril, il publiera La liste 2 mes envies, suite des aventures de la mercière d’Arras, Jocelyne, qui avait conquis 1,5 million de lecteurs. En avant-première, le romancier évoque son parcours, son écriture et bien d’autres choses.

08/04/2024, 11:45

ActuaLitté

Bibliocollector vise le record de cartes de bibliothèque

Adolescent lyonnais de 16 ans, Adam s'est lancé dans un projet fou : battre un record du monde en collectant le plus grand nombre de cartes de bibliothèques du monde entier. Pour que sa collection soit officiellement reconnue, plusieurs critères s'imposent, mais qu'importe, le Bibliocollector est lancé dans son projet. Entretien.

 

 

01/04/2024, 11:06

ActuaLitté

Géopolitique, conspirations : “XIII est un survivant” (Yves Sente)

AnniversaireXIII – Le plus amnésique des héros apparut en 1984, sous l’impulsion du scénariste Jean Van Hamme et du dessinateur William Vance : à la recherche d’un passé fuyant, accusé d’assassinat d’un président des États-Unis et toujours pris dans une conspiration politique sans fin, XIII fête ses quarante années d’aventures, de manipulation et de faux-semblants. Retour avec Yves Sente, le scénariste qui prolonge depuis 13 ans déjà cette épopée américaine avec le dessinateur Iouri Jigounov.

14/03/2024, 15:43

ActuaLitté

Nancy Huston : “Tout romancier qui se respecte est trans”

L'autrice française d'origine canadienne, Nancy Huston et l'écrivain, réalisateur, poète et militant écologiste, Cyril Dion, se connaissent, ils sont amis. Ils éprouvent l’un pour l’autre de l’affection et de l’estime. Les éditions Actes Sud ont proposé une rencontre pour parler de Francia, le dernier texte de Nancy Huston, publié par la maison le 6 mars dernier. Propos recueillis par Estelle Lemaître.

14/03/2024, 15:24

ActuaLitté

À Madagascar, Karné offre une évasion aux jeunes insulaires

Tout sourire et pleine d’entrain, Ravaka a l’air de fonctionner à mille à l’heure. Dès qu’elle s’exprime, on sent un grand enthousiasme et une vraie curiosité. Une envie de comprendre et d’agir se dégage d’emblée de sa personnalité positive. Elle a créé Karné, un concept unique : un magazine bilingue (malgache-français), coloré, vivant, instructif, ludique qui sait prendre sa place sur ce marché. Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

14/03/2024, 13:17

ActuaLitté

Frédéric Taddeï : "L’âge est un sujet qui n’existe pas"

« Quand on vous dit que François Ier a gagné la bataille de Marignan en 1515 on ne vous dit pas quel âge il avait, il avait 20 ans ». Le présentateur Frédéric Taddeï a une obsession qu’on ne lui connaissait pas encore : l’âge. Nous l’avons rencontré pour la sortie des Birthday books le 6 mars 2024, l’occasion de discourir sur ces « quartiers de la vie que l’on habite tous ensemble ».

29/02/2024, 15:46

ActuaLitté

“Nos points communs sont simples : le territoire et le livre.”

#Noshorizonsdesirables – Durant cinq années de librairie au Québec chez Pantoute, Benoît Vanbeselaere est passé de la communication et de l’événementiel à la direction générale d’une des deux succursales. Depuis avril 2023, il a pris ses fonctions comme coordinateur de l’Association des éditeurs des Hauts-de-France. En marge des Rencontres régionales du Livre et de la Lecture 2024, à Boulogne-sur-Mer, il revient avec nous sur les actions menées et à mener.

26/02/2024, 15:13

ActuaLitté

Partage de la valeur : cette étude “apporte des éléments de compréhension” (SNE)

L'étude du Syndicat national de l'édition (SNE) consacrée au partage de la valeur entre auteurs et éditeurs, présentée au début de ce mois de février, a été accueillie froidement par les organisations d'auteurs. Ces dernières reprochaient une approche « biaisée » et des résultats qui masquaient la situation économique des écrivains. Renaud Lefebvre, directeur général du SNE, répond aux critiques.

22/02/2024, 11:49

ActuaLitté

Barbara Kingsolver, Prix Pulitzer 2023 : “Je ne crois pas au talent”

Le Prix Pulitzer de la fiction, qui récompense un roman qui raconte cette démente Amérique, a été décerné à deux auteurs ex-aequo en 2023 : Hernan Diaz pour son texte sur les coulisses de la Grande Dépression des années 30, Trust, et Barbara Kingsolver. D’un côté, le gros argent, de l'autre, les prolos d'une campagne des Appalaches, à travers les aventures de Demon Copperhead. Un David Copperfield contemporain dans les terres contrariées de l'OxyconTin et des champs de tabac…

21/02/2024, 16:00

ActuaLitté

Pour le livre de Turin, "un salon qui aide au dialogue"

SalondulivredeTurin2024 – Du 9 du 13 mai, le Salon international du livre de Turin incarne un événement majeur autour du livre sur le territoire italien. Entre défis antérieurs et direction nouvelle, Annalena Benini, directrice du Salon pour cette édition, fait part à Actualitté des conditions à réunir, pour mener à bien les ambitions prochaines, notamment quant à la jeunesse. 

19/02/2024, 12:07

ActuaLitté

“Le livre et la lecture comme biens communs”

Noshorizonsdesirables – Dans le paysage littéraire des Hauts-de-France, une révolution jusqu’alors silencieuse entend faire grand bruit. François Annycke, directeur de l’Agence Régionale du Livre Hauts-de-France (AR2L), inaugurera les 21 et 22 février deux journées professionnelles. Objectif : collaborer, en redéfinissant le rôle de l’Agence et de ses partenaires, pour plus d’efficacité.

16/02/2024, 12:00

ActuaLitté

“Le lecteur français veut comprendre l'Italie à travers sa littérature”

Dans une interview menée par Federica Malinverno, Florence Raut revient sur la création de La libreria, librairie-café parisienne cofondée aux côtés d'Andrea De Ritis en 2006, se définissant comme un « espace petit mais riche dédié à l’Italie, situé dans le cœur du IXe arrondissement de Paris ».

13/02/2024, 11:38

ActuaLitté

“Pour être un libraire, il faut porter la casquette d’agent culturel”

Pleine d’énergie et toute souriante, Prudientienne Gbaguidi est une figure de la librairie francophone en Afrique de l’Ouest. Très engagée pour faire rayonner son métier, elle suit tout ce qui se publie dans la sous-région. A la tête de la librairie Savoir d’Afrique (Bénin), elle est aussi présidente de l’Association des Libraires professionnels du Bénin (ALPB) et vice-présidente de l’Association internationale des Libraires francophones (AILF). Propos recueillis par Agnès Debiage, fondatrice d’ADCF Africa.

06/02/2024, 13:07

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

Un an à vélo : entre épuisement et émerveillement

#AVeloEntreLesLignes – Découvrir le plus grand nombre de librairies entre Paris et Oulan-Bator, le défi n'est pas des moindres. Et entreprendre le trajet à vélo ? Quelle folie. Pourtant, c’est exactement l’aventure que Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek ont entamée il y a un an. ActuaLitté partage cette incroyable odyssée en publiant leur récit de voyage intitulé À vélo, entre les lignes. Arrivé en Mongolie, il ne reste que quelques centaines de kilomètres au duo...

28/05/2024, 16:09

ActuaLitté

Droit de réponse de Mourad Prod - Editions Oxymore

Suite à l'article intitulé “Une nouvelle démarche déloyale des éditions Oxymore” contre Delcourt et paru ce 25 avril, la société MOURAD PROD – EDITIONS OXYMORE a fait parvenir à ActuaLitté un droit de réponse, signé par le président Mourad Boudjellal. Nous le reproduisons ici dans son intégralité. 

24/05/2024, 11:52

ActuaLitté

Un premier “coup de pouce vert” pour construire les bases de demain

RDVBDAmiens2024 — « Les Rendez-Vous de la Bande Dessinée d’Amiens s’inscriront cette année dans une démarche de transition éco-responsable ». Sophie Mille, directrice du festival, affirme sa volonté de faire de cette 28e édition une année de changement. Édito.

24/05/2024, 10:00

ActuaLitté

Régression des libertés en Tunisie : arrestations et censure

Il y a quelques années, la Tunisie suscitait l’admiration du monde en faisant une révolution qui devait instaurer la démocratie. La liberté d’expression en fut l’un des acquis les plus importants. Force est de constater que cette époque a été de courte durée. Le gouvernement du président en place ne tolère pas la critique et s’attaque à celles et ceux qui s’opposent à lui.

23/05/2024, 20:05

ActuaLitté

“Deux principes fondamentaux guident Les Rendez-Vous de la BD”

RDVBDAmiens2024 – À l'occasion de la 28e édition des Rendez-Vous de la Bande Dessinée, Pascal Mériaux, directeur du Pôle BD Amiens / Hauts-de-France, revient sur les origines et les ambitions du projet.

23/05/2024, 12:00

ActuaLitté

L’histoire oubliée et tragique du Camp des Milles

Aurélie Tramier s’est hissée jusqu’en finale de la dernière édition du Prix Maison de la Presse. Une récompense tournée vers la littérature populaire et résolument romanesque, parfaitement en phase avec son dernier roman, Bien-Aimée, publié à La Belle Étoile. Il raconte un camp français peu connu de la Seconde Guerre mondiale, à l’histoire extraordinaire : d’abord destiné à l'internement d'Allemands comme Max Ernst, l'ancienne tuilerie devint à la défaite française, une étape avant Auschwitz…

21/05/2024, 15:45

ActuaLitté

Lettre à Xi Jinping : “Il s’agit de graves violations du droit international”

Nguyên Hoàng Bảo Việt, ancien président et membre du Centre PEN Suisse Romand, délégué et membre cofondateur de la Ligue vietnamienne des Droits de l’Homme en Suisse, adresse une lettre ouverte à Xi Jinping, Président de la République Populaire de Chine. Il s'y engage contre la « condamnation injuste et inhumaine » de Rahile Dawut, intellectuelle et ethnologue ouïghoure.

21/05/2024, 12:55

ActuaLitté

Damasio : “L’époque a furieusement besoin d'entendre la voix des voltes”

Comediedulivre2024 – Une carte blanche, donnée par la Comédie du livre, offre chaque année à un écrivain. Cette année, Alain Damasio en profite, alors que les éditions de La Volte qui le publient, fête leurs 20 ans. Ses invitées et invités seront Vinciane Despret, luvan, Palo Alto, Karim Kattan, Floriane Pochon, Jacques Barbéri, Fabrice Capizzano, Léo Henry.

18/05/2024, 09:47

ActuaLitté

Nouveau record pour le Salon du Livre de Turin 2024

SalondulivredeTurin2024 – Nouveau record de visites pour le Salon du Livre de Turin. 222.000 personnes se sont rendues au Lingotto cette année. Zoom sur ce cru exceptionnel.

16/05/2024, 10:27

ActuaLitté

La librairie Au café des livres à Léguevin peut-elle disparaître ?

Ouverte en 2015, la librairie Au café des livres traverse aujourd'hui une mauvaise passe, qui met en sursis sa survie. L'accumulation des crises s'ajoute aux difficultés économiques actuelles, pesant sur la trésorerie de l'enseigne. ActuaLitté lui ouvre ses colonnes, pour relayer un appel aux lecteurs et aux lectrices.

15/05/2024, 13:53

ActuaLitté

Un nouveau souffle pour le livre-disque Libertad, hommage à Astor Piazzolla ?

Auteurs et fondateurs du groupe Duo Intermezzo, Marielle Gars et Sébastien Authemayou ont adressé à ActuaLitté une communication portant sur le livre-disque hors norme, Libertad. Ouvrage autour d’Astor Piazzola, préfacé par Frédéric Lodéon (animateur radio de légende) et publié aux éditions Parole, il connaît un arrêt de commercialisation définitif, que les auteurs évoquent dans ce texte, reproduit dans son intégralité.

14/05/2024, 12:48

ActuaLitté

Les éditions Edicola érigent un pont entre l’Italie et le Chili

SalondulivredeTurin2024 – Edicola a gagné cette année le Prix National de la Traduction en Italie. Une aubaine pour cette maison d’édition italienne qui détient un second siège… au Chili. ActuaLitté a rencontré son fondateur, Paolo Primavera, au Salon du Livre de Turin.

14/05/2024, 12:17

ActuaLitté

"Nous luttons chaque année, c’est un marché précaire"

SalondulivredeTurin2024 – Minimum Fax est une maison d’édition romaine, née d’une revue littéraire initialement distribuée par fax. Cette dernière s’est distinguée grâce à la découverte de grands noms de la littérature italienne contemporaine, mais également pour avoir démocratisé la littérature américaine en Italie.

13/05/2024, 18:02

ActuaLitté

Obligations de l’éditeur et résiliation d’un contrat : cas pratique

Le manquement par l’auteur ou par l’éditeur à l’une de ses obligations légales ou contractuelles est susceptible d’entraîner la résiliation du contrat d’édition, à savoir de mettre un terme de la relation contractuelle entre les parties. Le 18 avril 2024, le Tribunal judiciaire de Marseille a fait une application classique du cheminement conduisant à la résiliation du contrat, permettant également de rappeler les obligations à la charge de l’éditeur. Me Adélie Denambride, avocate exerçant en droit d'auteur, de l'édition et du marché de l'art revient sur ce sujet.

13/05/2024, 11:23

ActuaLitté

“Désarroi et colère” : France Inter supprime La Librairie francophone

Une tribune signée par plus de 560 autrices, auteurs et acteurs du monde du livre dénonce l'arrêt de La Librairie francophone, émission présentée par Emmanuel Kherad, sur décision de France Inter. L'émission était coproduite et diffusée sur différents territoires francophones par Radio-Canada, RTBF (Belgique), Radio Télévision Suisse et France Inter. Elle avait même déployé en février 2019 une version télévisée.

13/05/2024, 00:01

ActuaLitté

“En écrivant, je me jette dans le vide comme les oiseaux”, Amélie Nothomb

SalondulivredeTurin2024 – Oiseaux et chevaux, ou les soeurs Nothomb à Turin : Juliette et Amélie étaient attendues dans une salle archi-comble de lecteurs et lectrices, au salon du livre. Elles ont abordé de leur rapport à langue, à l’écriture et de leur passion pour des animaux, l’oiseau et le cheval, présents dans leurs derniers ouvrages, Psychopompe et Éloge du cheval (2022 et 2023 chez Albin Michel).

11/05/2024, 13:03

ActuaLitté

Antoine Gallimard : “Notre métier est d’abord de croire en la littérature”

SalondulivredeTurin2024 – Dans le cadre des rencontres de la section « Edition » du Salon du Livre de Turin où il a été invité, Antoine Gallimard est revenu sur son rôle d’éditeur pendant un dialogue avec Teresa Cremisi, directrice de la section édition et ancienne présidente, jusqu’en 2015, du groupe Flammarion.

11/05/2024, 11:01

ActuaLitté

Italie : la lecture s’étend à tous grâce à "la communication augmentative"

SalondulivredeTurin2024 – Officina Babuk et Uovonero, deux maisons d’édition italiennes, sont les pionnières italiennes de la communication augmentative. L’objectif est clair : permettre aux enfants en difficulté dans la pratique de la lecture d’accéder au même patrimoine culturel que les autres.

10/05/2024, 17:35

ActuaLitté

"Des livres qui n’ont pas de pères" : zoom sur NN Editore

SalondulivredeTurin2024 - NN Editore a été fondée en 2015 à Milan, précisément le 19 mars, pour la fête des Pères. Et cette date n’a pas été choisie au hasard : NN Editore propose « une recherche éditoriale basée sur l’absence de pères », détaille le responsable de la communication Luca Pantarotto, sur son stand au Salon du livre de Turin.

10/05/2024, 15:43

ActuaLitté

En librairie : “Ne plus rien prendre pour faire vivoter les livres déjà là”

Avec le mois de mai s'impose un mot d'ordre : toutes et tous sur les ponts ! Mais ce sont surtout des nouvelles de la lettre Books By Women après les traditionnels brins de muguet. Et comme toujours, la voici proposée en intégralité, rien que pour vos yeux, comme dirait l'autre... Une mouvement d'allégresse et d'humeur par la librairie Un livre à soi (Longjumeau).

10/05/2024, 08:43

ActuaLitté

Comédie du livre : “La littérature est encore aujourd’hui vivante”

Comediedulivre2024 – L'ouverture ce 10 mai de l'événement littéraire montpelliérain marque le début de 10 journées consacrées aux auteurs, à la lecture. À travers des rencontres, ateliers, le salon prend ses quartiers à la Promenade du Peyrou, et dans une multitudes d'autres lieux. Régis Penalva, directeur littéraire, présente cette 39e édition.

10/05/2024, 08:06

ActuaLitté

Vietnam : une liberté d'expression violemment bâillonnée 

Membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, la République Socialiste du Viêt Nam (RSV) est un État communiste autoritaire dirigé par un parti unique. La peine de mort reste intouchable au Viêt Nam. Selon Amnesty International, le régime de Hà Nôi se classe au troisième rang mondial (85 exécutions) en 2018. Les données sur la peine de mort sont classées « secret d'État ». Une menace très sérieuse pour la liberté d'expression, un terrible facteur d'intimidation, une forme ultime et barbare de censure au Viêt Nam. Un texte de Nguyên Hoàng Bảo Việt.

09/05/2024, 09:19

ActuaLitté

Bernard Pivot : “On ne peut pas apprivoiser la mort. Ni la snober”

En débarquant sur Twitter ce mois de janvier 2012, Bernard Pivot provoqua un ras de marée chez les gazouilleurs : près d’un million d’abonnés depuis ont suivi ses facéties verbales et autres joutes linguistiques. Fédérateur, le père Pivot, assurément : un monument national qui aura traversé les siècles — si fait. Et fait lire au point d’en devenir une icône.

07/05/2024, 16:20

ActuaLitté

Blocages : les Alumni de Sciences Po saluent "la fermeté de l'administration"

La mobilisation étudiante pro-palestinienne, débutée à Sciences Po Paris par une occupation, continue. Récemment, des étudiants de Sciences Po Reims décidaient encore d'occuper leur bibliothèque. Des actions qui répondent à la situation à Gaza et visent à inciter Sciences Po à revoir ses partenariats avec des universités israéliennes.

06/05/2024, 18:09

ActuaLitté

Lettre à Paul Auster : “Tu étais l’Amérique”

L'écrivain Paul Auster, réputé pour son approche existentialiste et sombre dans ses œuvres littéraires, est décédé à 77 ans des suites d'un cancer du poumon à Brooklyn. Né à Newark de parents immigrants juifs polonais, Auster était un pilier de la scène littéraire new-yorkaise et américaine et apprécié particulièrement en France. Son éditrice, Marie-Catherine Vacher, partage ici une lettre adressé à l'auteur.

02/05/2024, 06:30

ActuaLitté

Valentine Tedo : “J'avais peur de la fin”

Avec Petite fille, Valentine Tedo signe son premier roman. Elle en raconte la genèse pour ActuaLitté.

30/04/2024, 08:56

ActuaLitté

Publicité et télévision : “Cachez ce livre que je ne saurais vendre”

Renny Aupetit est propriétaire de deux librairies sur Paris, Le Comptoir des lettres (75005) et Le Comptoir des mots (75020). Le libraire considère avec défiance les arguments rejetant l’ouverture de la publicité à la télé, pour l’édition. En trois points, il propose une autre manière d’envisager cette perspective.

29/04/2024, 14:03

ActuaLitté

Audrée Wilhelmy : une virée onirique en Allemagne

Carnetdebord – Plongez avec nous dans l'univers féerique d'Audrée Wilhelmy, dont le prochain livre, Peau-de-Sang, sera publié aux éditions du Tripode. Nous vous présentons ici le chapitre 3 de son Carnet de Bord, qui sert à la fois de prélude à ce roman très attendu et de narration documentant la vie de l'autrice.

29/04/2024, 10:51

ActuaLitté

“La littérature noire doit déranger la littérature officielle”

Les éditions du Chemin de fer inaugureront leur collection Train de nuit, consacrée à des romans noirs à haute vélocité, parfois, mais surtout forte teneur en valeur littéraire. Pour ouvrir ce projet, les cofondateurs François Grosso et Renaud Buénerd ont choisi de publier Les jours de la peur, premier roman de l’Italien Loriano Macchiavelli (trad. Laurent Lombard). Une décision qu’ils assument, plus que pleinement…

28/04/2024, 16:08

ActuaLitté

La Newstalgie en littérature : quand passé et présent renouent

Voici un mot valise que le poète Jules Laforgue n’aurait pas répudié : le newstalgie. De l’anglais new, nouveau, et du français nostalgie, son acception diverge, mais l’esprit demeure : un renouvellement, qui puise dans l’ancien ses racines. Des appréciations mélancoliques qui drainent un romantisme suranné aux saveurs d’un avant, option madeleine et thé au citron, la newstalgie désignerait-elle autre chose ?

25/04/2024, 17:25

ActuaLitté

“Encore trop d’inégalités” dans l'accès à la lecture pour tous

Créée en 1917 et reconnue d’utilité publique le 27 août 1921, la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rassemble des militants, usagers, professionnels et bénévoles engagés pour une plus grande inclusion sociale et économique des personnes déficientes visuelles. Comme d'autres structures privées, elle s'efforce de rendre les livres plus accessibles et demande, dans une tribune, plus d'investissement des pouvoirs publics.

23/04/2024, 11:33

ActuaLitté

Yann Le Gal : “La librairie, c'est la passion communicative”

Agnès Martin-Lugand préside cette année le jury du Prix Maison de la Presse 2024. Depuis le 9 avril, six auteurs et leur ouvrage sont encore en lice. Le gagnant de cette 55e édition sera dévoilé le 14 mai. Yann le Gal, parmi les finalistes, profite de cette occasion pour saluer le travail des prescripteurs et ce métier de libraire.

23/04/2024, 10:45

ActuaLitté

Droit de réponse de la Maison des écrivains et de la littérature : des “accusations infondées”

Suite à un article publié le 8 février 2024 au sujet de la situation de la Maison des écrivains et de la littérature, l'association a fait parvenir un droit de réponse à la rédaction d'ActuaLitté, par l'intermédiaire du président de la structure, Julien Cendres. Nous le reproduisons ci-dessous, dans son intégralité.

22/04/2024, 11:51

ActuaLitté

Edwige Coupez : “C'est mon premier prix !”

J'avais oublié la légèreté d'Edwige Coupez, paru éditions du Rocher a reçu le Prix 2024 des lycéens d’Arcachon. La récompense était remise dans le cadre de la manifestation La plage aux écrivains, pour sa première édition. Les jurés venaient des lycées Grand-Air,  Saint-Elme et Condorcet. L’autrice nous propose un texte inédit, sur la réception de ce prix.

21/04/2024, 12:45

ActuaLitté

Gallimard et Olivennes contre la pub pour les livres à la télé

Voilà plus de 30 ans que le sujet était plié : interdiction de faire de vendre de la publicité à la télévision pour les livres. Tout le monde s’était entendu sur le sujet, ou presque, mais l’arrivée d’un décret ouvrant la porte à une expérimentation de deux ans fait grincer des dents. Ou comment la ministre de la Culture, Rachida Dati, se met à dos les grands faiseurs de l’édition.

13/04/2024, 15:47

ActuaLitté

Des chevaux, des yourtes et nous : premiers pas en Mongolie

#AVeloEntreLesLignes – Partir à la découverte du plus grand nombre de librairies possible, entre Paris et Oulan-Bator, le défi est de taille. À vélo, c'est confirmé : c'est de la folie douce. C’est pourtant l’aventure que Zoé David-Rigot et Jaroslav Kocourek ont démarrée en août 2022. ActuaLitté les accompagne, en publiant leur récit de ce périple, À vélo, entre les lignes.

13/04/2024, 12:17